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Miyazaki : Une tranche de vie pour une fin réussie.

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Réalisateur de films d’animation au cinéma depuis 1979, un monument s’en va. Fort du succès de ses films tout au long de sa carrière du Château de Cagliostro à Ponyo sur la falaise en passant par Le voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki, le maitre, a fini par se retirer du monde du cinéma. A 73 ans. Nous laissant un dernier film : Le vent se lève, rythmé par ces vers de Paul Valery : « Le vent se lève… Il faut tenter de vivre. »

Synopsis

Frustré de ne pas pouvoir devenir pilote à cause de sa mauvaise vue, le petit Jiro décide, grâce a un rève dans lequel il parle avec Caproni, un concepteur d’avions, de devenir ingénieur. Ainsi, le spectateur suit le jeune garçon japonais au fil de sa vie, réaliser étape par étape son rêve et son existence. Beaucoup moins empli de magie, de fantastique et beaucoup plus réaliste, la nouvelle production de Miyazaki est en vérité un hommage, une biographie : celle de Jiro Horikoshi, inventeur du chasseur Zero, un avion devenu terreur du Pacifique lors de la seconde guerre mondiale. Mais aussi un clin d’oeil à l’une de ses passions : l’aviation.

Jiro Hirokoshi et son équipe dont s'est inspiré Miyazaki pour le film.

Jiro Hirokoshi et son équipe dont s’est inspiré Miyazaki pour le film.

 

Véritable frise chronologique d’un Japon du début du XXe siècle, le film s’obscurcit au fur et à mesure de son avancée. Du tremblement de terre qui ravagea le Japon en 1923 aux prémices de ce qui sera la seconde guerre mondiale en passant par la police secrète et la volonté de se mettre au niveau des productions étrangères, le spectateur est littéralement plongé dans un pan d’histoire sans pouvoir décrocher.
Ainsi, nous suivons la vie de l’ingénieur à travers les événements historiques. Nous sommes scotchés par son histoire d’amour avec cette jeune fille rencontrée lors du séisme et qui deviendra sa femme. Nous constatons son évolution à travers les différents rêves dans lesquels il retrouve Caproni tout au long de sa vie. Nous sommes heureux de voir sa quête de l’avion parfait prendre forme jour après jour malgré les obstacles. Et surtout, le spectateur est émerveillé de constater que malgré la noirceur de la trame, la magie opère toujours chez Miyazaki. L’animation est somptueuse, la bande originale qui rythme chaque action est belle, chaque personnage est bienveillant, même Jiro qui, même s’il se doute que son avion sera utilisé par l’armée, n’a à aucun moment d’intentions belliqueuses et est juste un passionné fou d’aviation.
Finalement, la dernière oeuvre de Miyazaki pourrait bien être sa plus belle. Poétique, prenant, fascinant, Le vent se lève génère beaucoup d’émotions et procure une sensation de regret : celui du dernier film d’un génie incontesté de l’animation.

 

Benjamin de Haro

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Clemence Pouletty

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