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Mandela, « laph’ekhona »

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© Chloée Toïgo

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Le monde entier pleure Madiba depuis sa disparition jeudi 5 décembre, à l’âge de 95 ans. L’Afrique du Sud se prépare à une ère post-Mandela.

« Notre nation a perdu son plus grand fils » a déclaré Jacob Zuma, actuel Président sud-africain, annonçant la mort de son prédécesseur. Mais Nelson Mandela n’est-il pas lui-même le père de l’Afrique du Sud actuelle, celui qui l’a débarrassée de l’apartheid ?
Son arrière-grand-père était roi du peuple Thembu, Mandela est élu le premier président noir du pays de 1994 à 1999. Vingt-sept années d’emprisonnement, contre cinq de présidence, juste de quoi lancer le mouvement « arc-en-ciel ». C’est pourtant sous la pluie qu’une centaine d’anciens et actuels chefs d’Etat, dirigeants et artistes se sont rendus aujourd’hui à Johannesburg pour lui rendre un ultime hommage. Ainsi François Hollande est venu accompagné de Nicolas Sarkozy et, fait historique, en montant à la tribune, Barack Obama a serré la main du président cubain Raul Castro, devant quelque 80 000 personnes présentes. Le tout dans un stade lui aussi historique, puisque c’est au Soccer City Stadium que Nelson Mandela, le 13 février 1990, a donné son premier discours d’homme libre.

« Les plus beaux yeux du monde »

soccer-city-jonhannesbourg-930_scalewidth_630La population craint cependant que sans son icône charismatique, le monde ne s’intéresse plus à leur destin, qui reste encore à construire. Depuis vingt ans, la jeunesse peine toujours à trouver du travail, la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, le pays connaît un taux record de criminalité (avec 45 homicides par jour en moyenne) et les hommes politiques restent corrompus. Les Sud-africains craignent également que la mort de Madiba soit le point de rupture entre le parti gouvernemental, l’ANC, et la population. Mais s’il reste ainsi tant de choses à accomplir ou améliorer en Afrique du Sud, comme l’éducation, le Prix Nobel de la Paix 1993 sera au moins parvenu à réunifier son pays, abolir les privilège d’une minorité ethnique. Le tout dans la paix, et surtout sans rancune. C’est quand même lui qui a invité le procureur qui avait requis la peine de mort à son encontre, marque d’un engagement pacifiste.

Autre combat, celui de la défense de la nature, des animaux et de la vie sauvage, qui l’a amené à rencontrer à deux reprises Nicolas Hulot. Invité par Jean-Jacques Bourdin à réagir sur la mort de l’icône sud-africaine, ce dernier parle d’un homme qui inspirait le respect, intimidait, et avait « les plus beaux yeux du monde ».

Depuis trois jours que ces yeux ce sont fermés, les États du monde entier mettent leur drapeau en berne, les dirigeants lui rendent hommage à tour de rôle. Les mentalités auraient bien changé depuis l’époque où Mandela a décidé de passer du pacifisme à la force armée, comme le souligne Jean-Luc Mélenchon : « Le Pen et Thatcher le qualifiaient de « terroriste ». Aujourd’hui en France, les enfants mal élevés lui jetteraient des bananes ».

Mandela week

Jacob Zuma a décrété une semaine de deuil national, et le corps de « Tata Madiba » sera exposé du mercredi 11 au vendredi 13 décembre à l’Union Buildings, le siège du gouvernement. En attendant les funérailles qui auront lieu le dimanche 15 décembre dans le village natal de Madiba, Qunu, la population sud-africaine ne cessent quant à eux de chanter et de danser, comme Nelson Mandela en avait l’habitude, un sourire éternellement bienveillant aux lèvres.

Théo Duchaussoy

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