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Le spectre de la Révolution Orange plane sur l’Ukraine

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L’affrontement entre les manifestants européens et la police fait rage. La place de l’Indépendance à Kiev est devenue le lieu de tous les combats. Après 3 morts et près de 500 blessés, le 1er ministre Mykola Azarov a donné sa démission hier soir. Et maintenant ?

©World Economic Forum/flickr.com

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« J’ai pris la décision de demander au président [Viktor Ianoukovitch] d’accepter ma démission du poste de Premier ministre, pour créer les conditions supplémentaires d’un compromis politique et d’un règlement pacifique du conflit. » Mykola Azarov, ancien premier ministre ukrainien. Le message est limpide. La démission de M. Azarov semble être une forme de concession faite au peuple. Le Parlement lui emboite le pas. Dans l’espoir d’endiguer la colère de la rue, les députés ukrainiens ont voté l’abrogation des lois anti-contestations. Mises en place le 16 janvier dernier, ces lois stipulaient que la moindre forme de manifestation entraînerait des peines allant jusqu’à la prison ferme. Loin de calmer les esprits, cette nouvelle règlementation a provoqué une montée en puissance des affrontements. Le gouvernement ne parvient pas à trouver une issu à cette crise politique et identitaire.

Entre Europe et Russie, il faut choisir

L’Ukraine a toujours été à la croisée des chemins entre Europe et Russie. La partie russophone et russophile du pays (située au sud-est) est plus en phase avec la politique de proximité avec la fédération russe. Dans ces provinces, le parti de Viktor Ianoukovitch a remporté plus de 70% des voix aux élections présidentielles. Quant aux régions du nord-ouest, une part de la population est en quête d’une identité ukrainienne, affranchie de l’influence moscovite. En ces lieux, c’est Ioulia Timochenko, à l’époque premier ministre et pro-européenne qui perçait au nord. Ainsi, une ligne de démarcation aussi bien géographique que politique sépare le territoire ukrainien. En 2004, tout a basculé.

©Padwilks/ flickr.com

©Padwilks/ flickr.com

L’avènement de la Révolution Orange

Le 21 novembre 2004, Viktor Ianoukovitch remporte les élections présidentielles alors que son rival Viktor Iouchtchenko était pressenti vainqueur. Rapidement, les observateurs de l’OCDE découvrent que les élections avaient été truquées. Une commission rogatoire est lancée. Quelques temps plus tard, Iouchtchenko est victime d’un empoisonnement à la dioxine dont il survit. 500 000 personnes se rassemblent sur la place de l’indépendance pour soutenir Iouchtchenko et réclament la démission de Ianoukovitch. C’est ainsi que la Révolution Orange est née. Révolution car un tournent s’opérait dans l’histoire de l’Ukraine. Orange, car la couleur symbolisait parti de Iouchtchenko. Contrairement à aujourd’hui, la population militait pacifiquement contre la corruption et la mainmise de la Russie sur l’Ukraine.

L’eau a coulé sous les ponts et le pays est aux antipodes des évènements édulcorés de la Révolution Orange. L’influence russe est toujours aussi présente. En 2008, l’Ukraine a subi avec perte et fracas, le contournement de l’oléoduc BTS (Système d’oléoducs de la Baltique) lancé par Vladimir Poutine. Le pays  encore très dépendant du gaz russe. Dans cette optique, l’Ukraine a renoncé à un accord avec l’Union Européenne, en novembre 2013, pour ne pas contrarier le voisin russe.

Il semble qu’une deuxième révolution est sur le point de s’opérer. Plus violente cette fois. Entre l’Europe et la Russie, il faut choisir. Si le gouvernement ukrainien n’y parvient pas, sa population semble déterminée à le faire à sa place.

Jeanick Lubanza

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Clemence Pouletty

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