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La saga Coupe du Monde, épisode 2 : Croatie

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Après le Brésil, focus sur l’adversaire des Auriverde lors du match d’ouverture de la compétition qui aura lieu le 12 Juin prochain. Pays issu de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, la Croatie, dont la capitale est Zagreb, participera cet été à la 4e Coupe du Monde de son histoire en tant qu’état indépendant. En constante évolution depuis 2006 après un net passage à vide, la sélection au damier pourrait bien en surprendre plus d’un lors de ce mondial brésilien.

 

La Croatie à la Coupe du Monde en chiffres

Croatie : 4e phase finale.

Sélectionneur : Niko Kovac (Depuis Octobre 2013)
Capitaine : Darijo Srna (Depuis Juillet 2008)

Darijo Srna, capitaine de l'Equipe de Croatie. (Source : Wikimédia Commons)

Darijo Srna, capitaine de l’Equipe de Croatie. (Source : Wikimédia Commons)

 

Première phase finale : 1998
Dernière phase finale : 2006

Compostion des équipes lors de Croatie-Australie en 2006, dernier match des croates en Coupe du Monde. (Source : Wikimédia Commons)

Compostion des équipes lors de Croatie-Australie en 2006, dernier match des croates en Coupe du Monde. (Source : Wikimédia Commons)

 

Meilleur résultat : 3ème en 1998.
Pire résultat : 23ème en 2002, sortie au premier tour.

L'équipe de Croatie, troisième de la Coupe du monde 1998. (Source : Wikimédia Commons)

L’équipe de Croatie, troisième de la Coupe du monde 1998. (Source : Wikimédia Commons)

Pour sa première participation à la Coupe du Monde en tant que pays indépendant, la Croatie a réalisé un véritable exploit alors que personne ne l’attendait. Sorti deuxième d’un groupe comprenant l’Argentine, la sélection rouge et blanc a alors réalisé un superbe parcours en battant la Roumanie en huitièmes de finale (1-0) et surtout l’Allemagne par un score large en quarts de finale (3-0). Seulement défaits par l’Equipe de France en demi-finales (1-2) après avoir mené 1-0 à la mi-temps, la sélection des balkans réussit l’exploit de battre la séduisante équipe des Pays-Bas lors du match pour la troisième place (2-1). En prime, l’avant-centre vedette Davor Suker parvient à truster la première place du classement des buteurs de la compétition en inscrivant 6 buts. Il s’agit là de la meilleure performance des croates en Coupe du Monde.

 

Davor Suker, meilleur buteur de la Coupe du Monde 1998 fête ici la troisième place des croates. (Source : Flickr)

Davor Suker, meilleur buteur de la Coupe du Monde 1998 fête ici la troisième place des croates. (Source : Flickr)

Depuis, la Croatie n’a toutefois jamais réussi à franchir le premier tour que ce soit en 2002 avec une sélection vieillissante malgré une victoire contre l’Italie (2-1) ou en 2006 à cause d’un vide générationnel certain. Pire, en 2010, la sélection rouge et blanc n’est même pas parvenu à se qualifier pour la phase finale en Afrique du Sud.
Malgré cette non-qualification, l’équipe de Croatie est en constante évolution.

Grâce tout d’abord au travail de Slaven Bilic auteur d’un Euro 2008 intéressant, finissant premier de sa poule avec 3 victoires, en battant notamment le favori allemand (2-1) puis d’un Euro 2012 prometteur, malgré l’élimination au premier tour dans un groupe comprenant l’Italie et l’Espagne, les deux finalistes de la compétition. Puis, grâce à l’éclosion d’une nouvelle génération talentueuse à l’image de joueurs comme Luka Modric, Vedran Corluka ou encore Ivan Rakitic, aussi efficaces en club qu’en sélection, l’équipe des balkans jouit d’une réputation naissante de trouble-fête.

Pourtant, cet été, au Brésil, dans un groupe à sa portée, la Croatie aura à cœur de confirmer que si elle ne fait pas partie des favoris dans la compétitions, elle aura tout de même un beau rôle à jouer aux cotés des meilleures équipes nationales du monde.

 

Italie-Croatie, seul sursaut d’orgueil croate lors de la Coupe du Monde 2002.

 

La Croatie au mondial c’est 13 matchs pour :

  • 6 victoires
  • 2 matchs nuls
  • 5 défaites

 

Au niveau des résultats, la Croatie a été :

  • 1 fois troisième (Demi-finaliste)
  • 2 fois éliminée dès les phases de groupes.

Sa plus large victoire dans la compétition s’est déroulée le 4 Juillet 1998. Ce jour-là, une équipe de Croatie en transe s’impose 3-0 face à des allemands en fin de cycle. Assommant la Mannschaft, Robert Jarni ouvre le score juste avant la mi-temps. Puis, à dix minutes de la fin, c’est Vlaovic, le buteur du FC Valence qui double la mise. Mise qui sera complétée 5 minutes plus tard par le 4ème but de Davor Suker dans la compétition.

Sa plus lourde défaite, elle, ne l’est pas tant que ça. 1-2, à peine quatre jours plus tard, contre les bleus en demi-finale. Pourtant menant au score à la mi-temps grâce à son goleador Suker, la sélection au damier encaissera deux buts en seconde période par Lilian Thuram. Le tout à 11 contre 10 après l’expulsion injuste de Laurent Blanc pour la France.

La Croatie au mondial, c’est un peu la chance du débutant. A l’image de Davor Suker. Brillant lors de sa première Coupe du Monde en 1998 dans laquelle il finit meilleur buteur, l’attaquant star des croates ne jouera que 67 petites minutes lors de son deuxième mondial, et chutera avec son équipe dès les phases de groupes.

Malgré un but de Suker, l’équipe de France et Thuram éliminent la Croatie en 1998.

 

Meilleur buteur : Davor Suker, 45 buts.
Meilleur buteur de la sélection croate en Coupe du Monde : Davor Suker, 6 buts (Tous inscrits en 1998)
Les 6 buts de Davor Suker en 1998.

 

Il y a 4 ans : Éliminée dès les éliminatoires de la zone Europe. 3ème de sa poule de qualification pour la Coupe du Monde derrière l’Angleterre et l’Ukraine, la Croatie n’a pas participé à la Coupe du Monde en Afrique du Sud.

 

 

La Croatie d’aujourd’hui

L'équipe de Croatie actuelle. Ici avant le match face au Portugal en 2013. (Source : Wikimédia Commons)

L’équipe de Croatie actuelle. Ici avant le match face au Portugal en 2013. (Source : Wikimédia Commons)

Placée dans le Groupe A en compagnie des favoris brésiliens, du Mexique et du Cameroun, la Croatie a nettement les moyens de franchir l’obstacle des phases de groupe. Ce qui serait une première depuis 1998. Auteur d’une liste sans véritable surprise, Niko Kovac compte bien faire de la Croatie, une nation qui pèse sur l’échiquier mondial.

Intronisé sélectionneur après le renvoi d’Igor Stimac en Octobre 2013 suite à une âpre campagne de qualification au bout de laquelle la Croatie finit deuxième de son groupe derrière la Belgique et barragiste, l’ancien joueur du Bayern réussit à vaincre l’Islande en barrages et à se qualifier in-extremis pour le mondial 2014.

Si la liste ne fait pas particulièrement débat du coté de Zagreb, certains choix en revanche sont dictés par l’obligation, à commencer par l’absence de Niko Kranjcar. Le joueur aux 81 sélections et aux 16 buts ne fera pas partie du voyage. Malgré sa présence parmi les 30 joueurs pré-sélectionnés, le milieu de terrain semble s’être blessé lors des barrages d’accession à la Premier League disputés avec son club des Queens Park Rangers. Même constat pour le milieu latéral Ivo Ilicevic, victime d’une blessure musculaire. Pas une nouveauté hélas pour le joueur d’Hambourg !. Pierre angulaire du système de jeu croate, l’absence de ce dernier risque de faire cruellement défaut à la sélection au damier. Les deux joueurs sont remplacés par les deux perles du championnat local Marcelo Brozovic et Ivan Mocinic. De soucis musculaires, Ivan Strinic en est aussi victime. Solide, le défenseur de Dnipropetrosvk manquera le mondial et risque de faire cruellement défaut en cas de coup dur pendant la compétition.

Josip Simunic, lui, manquera la compétition pour une toute autre raison. Vétéran et joueur essentiel au groupe, le défenseur central, auteur selon la FIFA d’un geste à consonance pro-nazie lors des célébrations avec le public de la qualification à la Coupe du Monde a été suspendu pour 10 matchs par l’instance internationale. Et le fait d’avoir saisi le Tribunal Arbitral du Sport n’y a rien changé, puisque la sanction a même été confirmée par celui-ci.

Ivan Kelava lui, a tout simplement été écarté par Niko Kovac. Alors qu’il avait le vent en poupe il y a encore deux ans, le gardien, auteur de performances en dents de scie avait perdu sa place en sélection lors de la saison 2012-2013 alors qu’il évoluait au Dynamo Zagreb et sa signature à l’Udinese l’été dernier pour gagner une place au mondial n’y aura finalement rien changé. Idem pour son coéquipier en Italie, Igor Bubnjic. Présélectionné dans les 30, le défenseur n’aura pas convaincu le sélectionneur croate, tout comme le milieu d’Hambourg Milan Badelj, auteur d’une saison médiocre avec son club, et Mario Pasalic, le jeune milieu offensif de l’Hajduk Split, jugé trop jeune par Kovac. Alen Halilovic, à 17 ans, aurait pu être la surprise de la liste, mais le jeune prodige, connu des amateurs de Football Manager et futur joueur du FC Barcelone a subi le même jugement. Quant à Nikola Kalinic, le joker de l’Euro 2012, sa saison fantomatique en Ukraine permet au jeune Ante Rebic de faire partie du groupe. A noter, la présence de deux brésiliens naturalisés : Sammir et Eduardo, qui joueront un peu plus à domicile que leur coéquipiers.

 

Les 23 croates pour la Coupe du Monde 2014 :
Gardiens : Stipe Pletikosa (Rostov/RUS), Danijel Subasic (Monaco/FRA), Oliver Zelenika (Lokomotiva Zagreb)

Défenseurs : Darijo Srna (Shakhtar Donetsk/UKR), Domagoj Vida (Dynamo Kiev/UKR), Sime Vrsaljko (Gênes/ITA), Danijel Pranjic (Panathinaikos/GRE), Vedran Corluka (Lokomotiv Moscou/RUS), Dejan Lovren (Southampton/ANG), Gordon Schildenfeld (Panathinaikos/GRE)

Milieux : Luka Modric (Real Madrid/ESP), Ivan Rakitic (Seville/ESP), Mateo Kovacic (Inter Milan/ITA), Marcelo Brozovic (Dinamo Zagreb), Ognjen Vukojevic (Dynamo Kiev/UKR), Ivan Mocinic (Rijeka), Sammir (Getafe/ESP)

Attaquants : Mario Mandzukic (Bayern Munich/ALL), Nikica Jelavic (Hull/ANG), Ivica Olic (VfL Wolfsburg/ALL), Eduardo Da Silva (Shakhtar Donetsk/UKR), Ivan Perisic (VfL Wolfsburg/ALL), Ante Rebic (Fiorentina/ITA)

 

La star: Luka Modric

Joueur devenu incontournable, Luka Modric connaît un début de carrière atypique mais digne des plus belles histoires du football. Saison 2003-2004. Prêté par son club formateur le Dinamo Zagreb au club bosniaque de Mostar, le jeune homme de 18 ans est élu meilleur joueur du championnat de Bosnie. Pour sa première saison professionnelle. Mais, de retour de prêt, le Dinamo choisit de ne pas récupérer un jeune qui a encore tout à prouver et Modric est de nouveau sur le départ, toujours sous forme de prêt mais en Croatie cette fois. A l’Inter Zapresic plus précisément. Club modeste et sans histoire, la nouvelle destination de Luka Modric va alors connaître une saison folle en finissant 2ème de son championnat en grande partie grâce aux exploits de son jeune meneur de jeu, élu meilleur espoir croate de la saison 2004-2005. Le tout au nez et à la barbe d’un Dinamo Zagreb invité cette saison-là à disputer les poules pour le maintien.

 

Luka Modric, époque Inter Zapresic.

Luka Modric, époque Inter Zapresic.

Peu enclin à enchaîner deux saisons médiocres et fiers du statut de leur jeune joueur, le club de la capitale récupère alors son joueur pour la saison 2005-2006 et refuse de le lâcher en lui faisant signer un contrat de 10 ans. Arrangement rare dans le milieu du football. Un choix gagnant pour le Dinamo qui finit alors champion de Croatie avec un Modric qui contribue grandement à la conquête du titre, malgré une saison sans but, grâce à sa vision du jeu et sa qualité de passes. Une belle saison qui lui vaudra à la surprise générale, de connaître sa première grande compétition en étant sélectionné dans les 23 croates pour la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. Et celui-ci ne s’arrêtera pas là. Marquant par la suite 27 buts et en réalisant 29 passes décisives, Luka Modric permettra à son club de remporter le doublé coupe-championnat durant deux saisons consécutives. Cependant, trop esseulé et malgré les présences de Mario Mandzukic et d’Eduardo Da Silva en pointe, le meneur de jeu ne pourra pas empêcher l’inexistence de son club sur la scène européenne même si le scalp de l’Ajax au premier tour de la Coupe de l’UEFA en 2006-2007 représente une belle performance du football croate.

Ajax Amsterdam 2-3 Dinamo Zagreb, un exploit croate.

Ce petit exploit attire l’œil de plusieurs grands clubs européens et en 2008, pour près de 17 millions de livres, Modric signe six ans à Tottenham juste avant un Euro en Suisse et en Autriche très réussi à l’issue duquel il est élu dans l’équipe type du tournoi. Toutefois, sa première saison est compliquée. Alors que son poste de prédilection est milieu offensif, son entraîneur Juande Ramos l’aligne en sentinelle devant la défense. Le croate est alors critiqué pour son manque d’abattage sur le terrain et pour des performances jugées décevantes par médias et supporters. Toutefois, en Janvier, après un changement d’entraîneur et le recrutement de Wilson Palacios, pur milieu défensif, Modric est repositionné plus offensivement et reprend des couleurs. Par la suite, Luka Modric gagnera définitivement ses galons de titulaire indiscutable en s’imposant comme l’un des meilleurs milieux offensifs du championnat anglais, il passera 3 ans de plus du coté de Londres accumulant 127 matchs pour 13 buts et sera même élu meilleur joueur des Spurs lors de la saison 2010-2011.

Luka Modric, sur le banc contre Bilbao lors de sa première saison. (Source : Flickr)

Luka Modric, en difficulté à Tottenham lors de sa première saison et sur le banc contre Bilbao en Coupe de l’UEFA. (Source : Flickr)

Puis, lors de la dernière semaine de l’été 2012, après deux mois de tractations plein de rebondissements, le joueur de 26 ans signe pour 5 ans et 33 millions d’euros dans le mythique club du Real Madrid. Après des débuts difficiles sous l’ère Mourinho, période durant laquelle le croate était la majorité du temps remplaçant, Luka Modric est maintenant, sous l’égide de Carlo Ancelotti un titulaire en puissance. Pourtant, la tâche n’était à la base pas évidente. Car si Essien est bel et bien retourné à Chelsea lors du mercato d’été 2013, le club madrilène recrute pour le remplacer deux grands espoirs espagnols : Asier Illarramendi et surtout Isco. Se rajoute à cette liste l’achat du jeune brésilien Casemiro jusque là prêté par Sao Paulo au Real. Rien donc qui laisserait penser que Modric, star parmi les stars, serait titulaire indiscutable lors de la saison 2013-2014. Surtout au vu du niveau affiché par les deux titulaires habituels du poste sous Mourinho : Xabi Alonso et Sami Khedira.

Luka Modric, le jour de sa présentation au Real Madrid. (Source : Getty Images)

Luka Modric, le jour de sa présentation au Real Madrid. (Source : Getty Images)

Mais, rien ne va se passer comme prévu. Xabi Alonso se blesse dès le mois d’Août. Privé du meilleur défensif de son effectif, Ancelotti aligne alors Modric aux cotés de Khedira. Un choix fructueux puisque le croate est étincelant. Constamment sur le terrain tandis que Khedira et Illarramendi se disputent la deuxième place du milieu de terrain, le croate surnage lors de la première partie de saison. Loin derrière le FC Barcelone en championnat, le Real Madrid domine toutefois son groupe de Ligue des Champions.Et sa deuxième partie de saison est encore meilleure. Confortablement installé parmi les titulaires, Modric mène, grâce à sa vista, le Real vers les sommets de la Liga en rattrapant le FC Barcelone et en le dépassant même durant 5 journées. Toutefois, le club du roi ne sera que troisième du championnat derrière ses deux rivaux, l’Atletico Madrid et le FC Barcelone. Mais, le joueur croate se consolera très vite grâce à sa victoire en Coupe du Roi et surtout, avec la 10e Ligue des Champions du Real Madrid.

 

L’espoir: Mateo Kovacic

« Depuis Ronaldo, Mateo Kovacic est sûrement le jeune joueur le plus prometteur que j’aie vu en 19 ans de présence ici à l’Inter. »

La phrase est signée Javier Zanetti. Monument parmi les monuments du coté des Nerazzuri, l’argentin n’est pas réputé pour avoir le compliment facile. C’est dire les espoirs placés par l’Inter en ce jeune milieu de terrain lorsqu’en Janvier 2013, le club italien pose 13 millions d’euros sur la table pour le faire venir du coté de Milan dans le but de remplacer Sneijder. A seulement 18 ans.

Sa première demi-saison est un succès, il joue 13 matchs, dont 10 titulaires d’affilée et gagne l’admiration des tifosi intéristes. Prometteur. Seulement, sa saison 2013-2014 est plus compliquée. Avec l’arrivée de l’entraîneur de Naples Walter Mazzarri, le petit croate joue peu. 14 titularisations en tout et pour tout sur 32 matchs. Alarmés par la situation, les supporters protestent et réclament plus de temps de jeu pour leur chouchou craignant le syndrome bien trop courant de l’espoir déchu.

Efficacité, folie et simplicité, petit florilège des capacités du jeune prodige.

Auteur d’une saison décevante, Mateo Kovacic a toutefois su briller lors de quelques occasions comme lors des barrages de son équipe nationale contre l’Islande, lors desquels le jeune milieu est étincelant. Ou encore lors du dernier match de Javier Zanetti à Giuseppe Meazza remporté 4-1 contre la Lazio durant lequel le joueur de 19 ans se transcende et réalise trois passes décisives en plus d’une partie incroyable. Quoiqu’il en soit, alors que celui-ci, observé par Liverpool, souhaite rester du côté de l’Inter pour s’y imposer, Mateo Kovacic sera l’une des attractions de cette équipe de Croatie durant ce mondial au Brésil. 

 

Le grand absent : Niko Krancjar

Coupe du Monde 2006 dans la sélection gérée par son père Zlatko, puis Euro 2008 et Euro 2012 sous le commandement de Slaven Bilic. Tout comme son compatriote Luka Modric, Niko Kranjcar a été sélectionné dans toutes les compétitions auxquelles la Croatie a pris part après la transition de 2004. Sauf celle-ci. A l’aube de ses 30 ans, Kranjcar ne verra pas le Brésil. Lui, en galère au Dynamo Kiev à la fin de la saison 2012-2013, enchaînant les blessures et les performances moyennes. Lui, qui a pourtant tout fait pour rejoindre le groupe en acceptant un prêt en seconde division anglaise aux Queens Park Rangers. Un choix qui se révèlera finalement perdant.

Présent dans le groupe des 30 pré-sélectionnés par Niko Kovac, Kranjcar sera la victime directe de son choix de carrière anglaise. Car, en effet, si en Championship, les deux premiers du classement montent directement en Premier League, cela n’est pas le cas comme en France, du troisième qui doit disputer des matchs de barrages en compagnie du 4e, du 5e et du 6e. QPR ayant fini 4e, Niko Kranjcar en compagnie de ses coéquipiers se sont acquittés de deux matchs. Une demi-finale contre Wigan le 5e et une finale contre le 6e, Derby County. C’est lors de ce dernier match qui verra le club du croate l’emporter et filer en première division que ce dernier se blesse. Et le verdict tombe très vite : rupture du muscle de la cuisse gauche. Une blessure fatale pour des espoirs de Coupe du Monde.

Plus jeune capitaine de l’histoire du Dinamo Zagreb à seulement 17 ans et longtemps grand espoir européen, Niko Kranjcar est devenu un pilier de sa sélection. « J’avais besoin de Niko et de son expérience » lâche même un Kovac dégoûté, malgré sa volonté d’aller de l’avant. Après les blessures d’Ilicevic et de Strinic, le forfait de Kranjcar tombe très mal pour un sélectionneur qui se retrouve avec un risque de manque d’automatismes entre les joueurs. Mais pour l’heure, cette nouvelle péripétie ne serait-elle pas la conclusion malheureuse et cruelle de quatre années de galère ? Lui, l’amoureux de son pays, dont la carrière semble décliner au fil des années. Lui, d’abord remplaçant pendant 3 ans à Tottenham, puis mauvais au Dynamo Kiev pour finir en seconde division du côté des QPR. Destin ou suite logique ? Seul l’avenir nous le dira.En attendant, le constat est clair : en dépit de tous ses efforts, Niko Kranjcar ne connaîtra pas sa deuxième Coupe du Monde cet été.

Niko Kranjcar 'à droite)  à l'Euro 2008 contre l'Allemagne. (Source : Flickr)

Niko Kranjcar ‘à droite) à l’Euro 2008 contre l’Allemagne. (Source : Flickr)

 

État de forme : Si elle est en constante évolution, la Croatie a connu une campagne de qualification plus compliquée que prévu. Avec un bilan de cinq victoires, deux matchs nuls et trois défaites, celle-ci finit 2e d’un groupe dominé par la Belgique. Une seconde place synonyme de barrages de qualification. Malgré ce bilan moyen, la sélection au damier devance tout de même une équipe de Serbie au fort potentiel et une équipe d’Écosse toujours compliquée à jouer. Tellement compliquée à jouer que ces derniers, capables de coup d’éclats, ont réussi à battre les croates lors de leurs deux confrontations. La troisième défaite viendra de Romelu Lukaku, auteur des deux buts lors de la victoire 2 buts à 1 de la Belgique en Croatie. Auteur d’un 0-0 qui ne reflète pas sa domination lors de son barrage aller contre l’Islande, la sélection de Niko Kovac parviendra au retour à faire ployer l’équipe d’Eidur Gudjohnsen en s’imposant 2-0 à domicile. Actuellement, la Croatie est en bonne forme. N’ayant pas connu la défaite depuis cinq matchs, les coéquipiers de Mario Mandzukic restent sur deux victoires contre le Mali (2-1) et l’Australie (1-0). Toutefois, le match le plus prometteur reste celui disputé en Suisse en Mars dernier contre la Nati (2-2). 8e au classement FIFA, la sélection helvète est l’une des meilleures équipes européennes et ce match nul obtenu par les croates semble prometteur.
En résumé, la Croatie est l’une de ces équipes capable de très bonnes choses dans un bon jour, mais aussi d’une incroyable fébrilité dans les mauvais. Le docteur Jekyll & Mister Hyde du groupe en somme.


Groupe A :  Brésil, Croatie, Mexique, Cameroun.

Le pronostic : Huitièmes de finale. Vraisemblablement la mieux placée pour finir deuxième de son groupe, l’équipe au damier tomberait contre le premier du Groupe B et ne devrait donc en toute logique pas résister à l’Espagne, l’une des prétendantes au titre suprême et ultra-favorite pour finir première de sa poule.

 

Benjamin de Haro

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Clemence Pouletty

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