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La ministre Delphine Batho démise de ses fonctions

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001François Hollande a mis fin aux fonctions de la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, qui sera remplacée par le député PS Philippe Martin. Le matin même, cette dernière s’était fendue en critique contre le budget 2014 du ministère de l’Ecologie, revu à la baisse. Comment interpréter ce tour de force ?

Touchée coulée. François Hollande et Jean-Marc Ayrault, maîtres du consensus se sont improvisés coupeurs de tête, le temps d’une soirée. Ce matin encore, Delphine Batho naviguait en eaux calmes, se plaignant malgré tout des coupes budgétaires administrées à son ministère. Elle évoquait sur RTL « un mauvais budget » en baisse de 7%. La réaction du capitaine de bord ne s’est pas faite attendre : Mme Batho est convoquée par le Premier Ministre.

Quelques heures plus tard, la ministre de l’Ecologie est remerciée, elle part avec la marée. Virée sur un coup de tweet, par faute de goût ou par tentative de modernisme ? L’annonce publique du Premier Ministre manque d’élégance, elle est exposée en vue et au su de tous ; c’en devient presque du lynchage en pleine Agora. Le gouvernement en perd sa parité.

Depuis un an, le tandem Ayrault-Hollande peinait en eaux troubles, la vitesse réduite à deux nœuds. Mais maintenant, il s’agit de reprendre le gouvernail, les couacs, c’est terminé, tolérance zéro. Matignon a changé de pavillon : Delphine Batho a été débarquée pour montrer l’exemple, elle paye aussi pour tous les raz-de-marée causés par ses camarades. Car, ironise son ex-collègue, Pascal Canfin, il est plus facile de se séparer d’une ministre de l’Ecologie plutôt que d’Arnaud Montebourg, « immunisé de limogeage par son score aux primaires socialistes ».  Politiquement, Delphine Batho pèse assez peu dans la balance, le département de l’Ecologie est devenu un « petit ministère » après s’est séparé du logement, de l’urbanisme et du transport. Pour l’heure, François Hollande en profite pour hisser les voiles.

Delphine, à vingt mille lieues sous les mers

200811211546Qui a le vent en poupe pour la remplacer ? On connaît le nom de son successeur, Philippe Martin, député PS du Gers et membre de la commission environnementale. Il s’agit du poste le plus difficile du gouvernement puisque le successeur de Delphine Batho à la barre sera le troisième à briguer ce poste en l’espace d’un an. Nicole Bricq avait été jetée par-dessus bord, victime de ses positions quant aux forages pétroliers en Guyane. Pour Jean-Vincent Placé, sénateur EELV, « il y a une espèce de cristallisation sur le sujet écolo comme un bouc-émissaire ».

Car ce ministère est devenu une véritable bête noire pour le gouvernement. Les actions envers l’environnement sont censées s’inscrire sur la durée. Avec ces destitutions fréquentes, le calendrier du département écologiste risque de prendre l’eau, peu de chance que les objectifs du gouvernement arrivent à bon port.

Une fois de plus, les Verts sont les grands laissés pour compte du gouvernement socialiste. Dans la tempête, l’Elysée aurait pu se rabibocher avec les écologistes en leur offrant sur le plateau ce ministère tant convoité. En y nommant le député PS Philippe Martin, François Hollande est bien décidé à les mener en bateau. Car chez EELV, on se sent très déçu de cette éviction ; pour beaucoup, l’ancienne ministre disait tout haut ce que tous pensent.

La ministre et la mer

Barbara Bompili, présidente du groupe EELV à l’Assemblée, se dit cependant « rassurée que ce soit Philippe Martin, sensible aux idées écologistes». Ce dernier s’est notamment engagé dans la lutte contre les OGM. Ce n’est pas la mer à boire ? Noel Mamère – ce vieux loup de mer, demande pourtant qu’EELV organise prestement  une « réunion de crise » pour reconsidérer leur engagement vis-à-vis du gouvernement. Les rats quittent le navire.

A tribord, Eric Woerth trouve également « curieux cette méfiance des Verts à l’Ecologie ». Malgré tout, l’ancien ministre salue le tour de force du gouvernement, estimant que Delphine Batho a « fait une erreur […] quand on fait partie d’une équipe».

En mai dernier, François Hollande avait averti son gouvernement pour qu’il n’y ait plus de couac. Mission accomplie, le message est passé, Arnaud Montebourg devra calmer ses ardeurs. Car, comme dirait Jean-Pierre Chevènement, « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». La ministre de l’Ecologie n’a pas écouté ses conseils et, comme dit le proverbe, « celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage ».

Par Jérôme Wysocki
jeromewysocki@theyoungreport.fr

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Clemence Pouletty

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