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Jordan Coelho : «Je sais que le public attend beaucoup de moi»

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Crédit photo : @Vincent Ohl.

Un événement inoubliable. Voilà ce que s’apprête à vivre Jordan Coelho cet été à Barcelone. A seulement 21 ans, il participera à ses premiers Championnats du Monde, du 28 juillet au 4 août. Après une qualification exceptionnelle lors des Championnats de France, il s’envolera pour conquérir le monde. Rencontre avec le nouvel espoir de la natation française. 

Manon Preget : Bonjour Jordan, présentez-vous en quelques mots.
Jordan Coelho : Bonjour, je m’appelle Jordan Coelho, j’ai 21 ans. Je suis nageur de haut niveau et je pratique ce sport depuis l’âge de 6 ans. Je suis spécialisé dans le 200 m papillon, que je nagerai lors des Championnats du monde de cet été. Je suis licencié dans le club d’Etampes Natation (91). Je suis actuellement étudiant en troisième année de licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance).

Le monde de la natation.

MP : Comment la passion pour la natation vous est-elle venue ? 
JC : J’adore l’eau depuis que je suis tout petit. J’ai passé toutes mes vacances à la mer, à jouer dans l’eau. Etant mauvais perdant, un sport d’équipe n’était pas envisageable, mes parents m’ont donc inscrit à l’âge de 6 ans pour canaliser mon énergie. Ca m’a plu, et je n’ai jamais arrêté.

MP : Quand avait-vous pris conscience de votre potentiel ?
JC : Je pense que c’est quand j’ai commencé à toucher aux sélections nationales, à accéder aux podiums internationaux chez les Juniors. Avant je prenais les choses par étape : d’abord les Championnats de France par catégorie, puis les Championnats de France, ensuite les Championnats d’Europe … Aujourd’hui je vais faire les Championnats du Monde. L’étape ultime serait les Jeux Olympiques de Rio, au Brésil en 2016.

MP : Quel est votre parcours en tant que nageur ?
JC : J’ai débuté la natation à Etampes (91) à 6 ans avec mon entraîneur Sylvain Picault que je n’ai plus quitté jusqu’à mon entrée en Pôle France à l’INSEP en septembre 2008. Ensuite il a fallu que je quitte le domicile familial et la petite structure d’Etampes pour pouvoir progresser d’avantage. C’est ce qu’il s’est passé quand je suis arrivé à l’INSEP. J’ai participé aux Championnats d’Europe Juniors, j’ai été finaliste la 1ére année et j’ai terminé 3ème la deuxieme année. J’ai obtenu 2 médailles (1 bronze et 1 argent) en relais aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2010. Je suis Champion de France du 200m papillon depuis 3 ans (2011, 2012, 2013) et j’ai terminé 7ème et 6ème des derniers Championnats d’Europe (toujours sur le 200m papillon).

MP : Vous nagez pour le club d’Etampes. C’est un petit club, vous n’avez jamais pensé à aller dans une plus grosse structure ?
JC : Je n’ai jamais éprouvé le besoin de changer de club. J’entretiens une vraie relation d’amitié et de confiance avec mon entraîneur Sylvain, même s’il ne m’entraîne plus, il me suit partout et m’accompagne lors des grands Championnats. L’avantage avec l’INSEP est que c’est une structure d’entraînement qui permet de rester licencié dans son propre club, donc j’ai décidé de rester.

MP : Combien d’entraînements et de kilomètres faîtes-vous par jour ?
JC : Je m’entraîne 2 fois par jours, sauf le mercredi et le samedi où je nage une seule fois, et le dimanche. Je fais des entraînements de 2h, soit environ 6 kilomètres, et 12 par jour mais selon la période cela peut être plus ou moins. J’ai également 3 séances de musculation, du renforcement musculaire et 2 footing par semaine. Je fais l’équivalent de 30 heures de travail par semaine.

Sa vie de jeune adulte.

MP : La natation est un sport très prenant. Comment la conciliez-vous avec votre vie de famille et vos amis ?
JC : Je suis isolé de ma famille la semaine, vu que je suis en internat, même si on continue de s’appeler. Le week-end, quand je peux rentrer, je rentre. Sinon il est important de s’entourer des bonnes personnes, sur lesquelles y tu peux compter. Avec mes partenaires d’entraînements nous sommes très proches, nous nous voyons régulièrement en dehors des séances pour décompresser. Et puis je ne suis pas seul, ma copine m’aide énormément à me couper du monde du sport.

MP : Vous avez 21 ans. Les jeunes sortent. Vous n’avez pas l’impression de manquer quelque chose ?
JC : Je pense que je sors au bon moment, et encore sortir est un bien grand mot. Je ne suis pas encore à mon maximum de progression dans la natation, il est important que je continue d’exploiter mon potentiel. Je pense que j’ai encore une belle marge de progression, je ne vais pas m’arrêter là pour pouvoir faire la fête.

MP : Que faîtes-vous de vos temps libres ?
JC : J’aime passé du temps avec ma copine au calme, aller au restaurant, sortir ça fait du bien. Sinon j’aime jouer aux jeux vidéos avec mes amis ou mon frère quand je suis chez moi.

Son avenir.

MP : Première qualification pour les Championnats du Monde. Qu’est ce que cela vous fait ?
JC : Je suis super content de m’être qualifié, maintenant il faut les préparer. C’est une progression, car l’an dernier, je ne suis pas parvenu à me qualifier pour les Jeux de Londres. C’est une petite revanche. J’espère que cette sélection n’est que le début pour moi. Je ne pense pas avoir encore le niveau pour rivaliser avec les meilleurs et prétendre à un podium mais j’espère accéder aux demies-finales et de faire partie des 16 meilleurs mondiaux sur le 200 m papillon.

MP : Nouvel espoir de la natation, ce n’est pas un statut trop difficile à porter ?
JC : Je sais que le public attend beaucoup de moi, surtout sur le 200 m papillon où les résultats ne sont plus au rendez-vous depuis le départ de Franck Esposito, mais j’attends également beaucoup de moi-même. Je suis très exigeant et je ferai tout pour y arriver car j’adore ce sport et tout ce qu’il procure. Donc non, aucune pression, simplement une envie de bien faire, et de me prouver que je suis capable de réaliser de grandes choses.

MP : Quels seront vos objectifs pour Barcelone ?
JC : J’espère intégrer les demies-finales du 200 m et améliorer mon chrono pour me rapprocher des meilleurs de la distance.

MP : Rio 2016, vous y pensez forcément non ?
JC : Oui j’y pense, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. L’an passé, je pensais trop à Londres et je ne suis pas parvenu à me qualifier, mais peut-être que ce n’était pas le bon moment. J’espère que Rio sera LE moment et que j’aurais atteint un très haut niveau pour réaliser de très bons résultats là-bas, mais avant il y a encore des Mondiaux de 2013 et de 2015 ainsi que les Championnats d’Europe de 2014 pour progresser et essayer de perforer au niveau international.

Par Manon Preget
manonpreget@theyoungreport.fr 

 

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Jérémy Pastor

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