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Enquête : Israël, Palestine, la terre de la discorde

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Un territoire de 27 000km², Jérusalem berceau des 3 religions monothéistes, deux peuples, une forme de cohabitation depuis des millénaires mais une paix inexistante. Après des décennies de violences entre Israël et la Palestine, les deux pays ont fait de l’olivier, symbole de paix universel, un nouvel objet de la discorde. Pourquoi n’arrive-t-on pas à établir la paix alors qu’il existe une forme de cohabitation ?

Novembre se place sous le signe des récoltes de l’olive pour les populations de Cisjordanie. La région est connue pour ses plantations d’oliviers. Ainsi, les agriculteurs palestiniens se rassemblent autour de plusieurs coopératives oléicoles pour extraire l’huile. Cette activité fait vivre jusqu’à 100 000 familles et représente 25% du PIB palestinien. Cependant, cette culture est devenue un véritable parcours du combattant pour les oléiculteurs. En 2002, un mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie est construit. Pour l’état hébreu, ce barrage sert de protection contre les attaques terroristes arabes. Qu’à cela ne tienne. L’armée israélienne a ainsi arraché des milliers de plans d’oliviers pour la construction. Des centaines d’agriculteurs palestiniens sont coupés de leurs terres, impossible de travailler de l’autre côté du mur sans un laissez-passer. Sésame que les autorités israéliennes ont bien du mal à donner.

De l’enjeu économique, l’olivier est devenu le symbole de la discorde entre Palestiniens et Israéliens. Cet arbre robuste et millénaire est devenu le nouvel emblème national de la population palestinienne. Autrefois, il s’agissait de l’oranger et du figuier de Barbarie. Une donne qui ne plaît pas du tout aux Israéliens. Eux, ont préféré choisir le pin, arbre coriace à la croissance rapide à l’image de l’Etat hébreu. Ainsi, des milliers d’oliviers sont rasés au profit de la plantation de pin. Toutefois, il n’est pas possible de supprimer tous les symboles palestiniens. Dans ce cas, Israël tente de se les réapproprier. En 2002, le guide touristique « route de l’olivier » parait. Il sert à emmener les touristes « sur les traces des anciens pressoirs et hauts lieux de l’oléiculture israélienne. ». Cela ne s’arrête pas là, un festival de l’olivier est établi au nord d’Israël. L’arbre devient le lien qui unit l’Histoire des Juifs sur ce territoire et le jeune État hébreu.

Un territoire identitaire pour deux civilisations

Il n’est pas rare de voir que le fondement d’une civilisation dans un territoire, est souvent basé autour d’une idéologie religieuse et culturelle. Israël et la Palestine répondent à ce cas de figure. Cependant, les conceptions culturelles de ces deux peuples sont radicalement différentes. Ne serait-ce que dans les termes suivants. La Torah considère « Eretz Yisrael » comme étant la terre promise du peuple juif. Une terre qui leur est destinée. Le Coran estime que « Filastin » est l’une des terres sacrées du peuple arabe. Une terre presque mystique, qui ne peut appartenir à personne. Sauf que ces territoires n’en forment qu’un seul.

Un peu plus de 25 000km² entre le golf du Néguev, les monts Galilée et Golan ainsi que la mer méditerranée qui est le fondement de la civilisation juive et qui est l’une des bases culturelles de la civilisation arabe. Un territoire identitaire pour deux civilisations. La problématique ne s’arrête pas là.

Que dire de Jérusalem ? Entre le mur des Lamentations, les monts du Temple, la mosquée Al-Aqsa ou le Dôme du Rocher. La ville Sainte est le reflet des différentes cultures juives et arabes. Dans un souci de cohabitation, chaque population a son quartier. A commencer par Jérusalem. En 1967, le gouvernement israélien décide de faire construire un mur de séparation pour scinder la Vieille ville de Jérusalem, (peuplée majoritairement de juifs israéliens) de Jérusalem-est, proche de la Cisjordanie et où réside les ¾ de la population palestinienne. Pourtant, ces deux civilisations partagent un ensemble de rites. Comme le témoigne Annabelle Tchekov, professeur de théologie à l’Institut de l’Assomption : « les Arabes musulmans fêtent l’Aïd-el-Kébir (le sacrifice du mouton, ndlr). Cette fête religieuse fait référence à Abraham dans l’ancien testament. Comme les musulmans, les juifs ne mangent pas de porc. Ils partagent le même jour de repos : Vendredi et samedi. Les deux peuples pratiquent aussi la circoncision. » Ces traditions communes pourraient aider à approcher vers une paix. Mais les rivalités au sein du pays restent trop sensibles, trop imprégnées du passé.

« Comment trouver une solution qui permette à tout le monde de vivre dans la dignité et la paix? »

©Daniel Waks/flickr.com

©Daniel Waks/flickr.com

Quelle est la situation dans les diasporas ? En France, la communauté palestinienne représente 2 000 personnes contre 480 000, pour la communauté juive. Un certain recul par rapport au conflit israélo-palestinien peut être aperçu. Un espoir car la distance peut faire la différence et pourrait permettre d’entamer un dialogue. Ce qu’observe l’écrivain Amin Maalouf pour le Canadian Jewish News : « C’est au niveau des Diasporas que les choses peuvent changer et qu’on peut réfléchir plus sereinement aux conséquences délétères que ce conflit dévastateur a sur les deux peuples. Juifs et Arabes peuvent se rencontrer et dialoguer avec moins d’animosité. Juifs et Arabes peuvent véritablement, et devraient, se réunir régulièrement partout dans le monde, à Paris, à Montréal, à New York, à Sao Paulo, à Sydney… sans se donner des agendas politiques mais en se posant simplement quelques questions cardinales: Comment dépasser ce conflit? Comment trouver une solution qui permette à tout le monde de vivre dans la dignité et la paix? Comment en finir une fois pour toutes avec ce conflit qui est en train d’épuiser tout le monde et qui ne mène qu’à l’impasse? »

Créteil, fait figure d’exemple type. Dans la ville du sud-est parisien, l’entente entre Arabes et Juifs est bonne. Ahmed, 23 ans, d’origine algérienne en parle. « Je vis à Créteil depuis un bon bout de temps et je n’ai jamais eu de problème avec une personne d’origine juive. Dans la ville, les communautés vivent ensemble et se côtoient. C’est vrai que quand on parle du conflit, on reste sur nos positions mais on peut quand même discuter. » Du côté des Arabes, il y a un réel intérêt pour le conflit israélo-palestinien. Mais il n’est pas aussi fort que celui des palestiniens eux-mêmes. Les enjeux sont divergeant suivant les pays arabes, certains souhaitent que la Palestine soit un état Palestinien, d’autres voudraient la paix et il y a ceux, les plus radicaux, qui souhaiterai la disparition d’Israël. Les différents milieux sociaux peuvent jouer. En banlieue, c’est quitte ou double. Tandis que les milieux les élèvent, l’éducation est complète mais le tabou demeure.

©World Jewish Congress/flickr.com

D’autres organisations sont mises en places pour faire avancer le processus de paix. Plusieurs imams et rabbins se sont réunis sous le collectif Amitié Judéo-Musulmane. Cette association a pour but de promulguer la paix entre les deux peuples. Le 11 novembre dernier, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi est parti en Israël. Son but était d’aller à la rencontre des populations juives et arabes afin de mettre à plat les préjugés. A commencer par la différence entre islam et islamisme radicale. Le Quai d’Orsay a soutenu cette initiative. Pour Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis, « Les liens entre juifs et musulmans commencent à se consolider par l’association « Amitié judéo-musulmane » de France et ses dix antennes. A travers l’hexagone, nous allons à la rencontre de la population pour effectuer un travail de construction d’amitié par les activités culturelles. On espère toujours qu’à la fin de notre mission, il y ait un réel rapprochement entre Arabes et Juifs. On veut faire tomber les tabous et les clichés pour laisser la place à une meilleure compréhension.»

Depuis la naissance de cette association, les rabbins et imams ont rencontré près de 15 000 personnes. Mais Michel Serfaty et Annabelle Tchekov restent réaliste. « La particularité du judaïsme est que nous sommes un peuple mais aussi une religion. Tout ce qui touche Israël de près ou de loin, est susceptible de nous toucher aussi. » Quant aux Palestiniens, il restent très attachés à cette terre. La paix ne se fera pas en quelques mois. Il faudra beaucoup de temps à ces deux civilisations pour surpasser les multiples conflits qui ont eu lieu.

En Israël et dans les territoires palestiniens, le rameau d’olivier peine à rester l’emblème de la paix universel. Mais après les récoltes, plusieurs volontaires israéliens et palestiniens se retrouvent pour replanter des arbres là où ils ont été arrachés, pour prendre soins de ceux qui sont abîmés et terminer la cueillette de l’olive.

 Par Jeanick Lubanza

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Clemence Pouletty

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2 Comments

  1. Bonjour,

    Cet article est loin d’être mature. Les enjeux ne sont pas compris et le sujet est traité de manière idéaliste, voire naïve. Chaque paragraphe amène son lot de réflexions au ras des pâquerettes ! Quel dommage ! Car les jeunes gagneraient à être informés sur ce sujet délicat (qui est juste le plus vieux conflit mondial) grâce à des questions vraiment pertinentes.

    A creuser d’avantage….

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  2. vraiment bien mais il y a une faute d’orthographe qui fait tâche : Quand est-il des diasporas ? => Qu’en est-il des diasporas ?

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