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SNCM : le bras de fer corse !

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Les négociations démarrent enfin à la SNCM. Lundi et après deux semaines d’une grève qui a créé de fortes tensions en Corse, Gilles Bélier, médiateur de l’Etat, a pour mission de rapproché les deux partis totalement opposés lors d’une réunion lundi après midi à la préfecture de Marseille. TheYoungReport.fr décrypte pour vous cette situation. 

Ce bras de fer entre syndicats et actionnaires (Transdev actionnaire à 66% et l’Etat possédant 25%) n’est pas prêt d’être résolu. Ce week-end, chacun des partis a affirmé sa position. Les deux actionnaires veulent en découdre devant la justice par le biais du tribunal de commerce tandis que les travailleurs, quant à eux, ne veulent pas en entendre parler.

Selon les actionnaires une décision juridique permettrait à la SNCM d’apurer les comptes de la compagnie déficitaire, de lever l’hypothèque des lourdes condamnations européennes qui plombent l’entreprise depuis 18 mois.

L’entreprise, qui a toujours réalisé le lien Corse-continent, a en effet été condamnée à deux reprises par les instances bruxelloises au remboursement d’aides publiques perçues, jugées anormales : 220 millions d’euros lors de la privatisation, en 2006, et 220 autres millions pour la délégation de service public (DSP), entre 2007 et 2013. Des sommes, pour lesquelles les juridictions de Bruxelles, demandent un remboursement de la part de la SNCM. Les organisations syndicales quant à elles interprètent ce passage au tribunal comme une « disparition et un démantèlement », et affirment que les menaces bruxelloises ne sont ni réelles, ni imminentes. C’est dans une lettre envoyé au premier ministre Manuel Valls qu’elles déclarent « qu’il faudra au moins 4 ou 5 ans pour considérer un éventuel remboursement dont les montants devraient être largement minorés et ne porter que sur le contentieux de la privatisation ».

Ils demandent ainsi d' »exclure tout scénario de discontinuité » (c’est-à-dire de procédure judiciaire, ndlr), et, afin de trouver de nouveaux actionnaires. La grève des syndicats a été reconduite pour 24h lundi, dans l’attente de la négociation avec les actionnaires.

Une situation qui agace

Pendant ce temps-là, sur le port de Marseille et en Corse, la situation continuait à être tendue. La plupart des bateaux de croisière, qui assurent un apport financier à la ville de Marseille et à l’île de beauté, continuent à se dérouter vers d’autres ports méditerranéens afin d’éviter de rester bloqué à un port.

En Corse, plusieurs centaines de représentants du monde économique se sont rassemblés lieu lundi matin devant la préfecture de Bastia, après avoir été évacué de la même préfecture vendredi. Les organisations socio-professionnelles de Corse (syndicats patronaux, CCI, transporteurs, agriculteurs) s’estiment « pénalisées par le mouvement de grève ». Elles dénoncent les blocages des différents bateaux assurant le lien Corse-continent tel que le Kalliste bloqué par des marins à Marseille  et estiment que, si le flux de passagers peut à peu près être absorbé par les compagnies concurrentes, il n’en est pas de même pour le fret. Le passage des remorques par Toulon crée non seulement un surcoût en carburant, mais aussi en « heures supplémentaires pour les chauffeurs », dénonce le patron du syndicat de Transporteurs Corse, Jean-Marie Maurizi.

Maya Amrouche

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Clemence Pouletty

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