0

Seuls contre tous

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
image_pdfimage_print

Russia G20 Summit.JPEG-0b8bd

Intervenir ou ne pas intervenir ? Depuis quelques semaines et la fameuse attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas conduite par le régime de Bacher El Assad qui a fait plusieurs centaines de morts, la question est posée sur la table. Comme on le sait, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni s’étaient engagés à intervenir pour mettre fin à ce qu’ils ont qualifié de « crime contre l’humanité« . Barack Obama a souhaité demander l’avis du Congrès qui se réunira lundi pour voter, le Parlement britannique a décidé de s’opposer à une éventuelle intervention sur le territoire syrien et la France a organisé un débat à l’Assemblée mercredi, tout en restant attentiste à la décision américaine. Comme on le sait également, la Russie et la Chine ont apposé leur véto lors d’une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies le 28 aout dernier,  sans surprise. Alors qu’une enquête interne a été réalisée par l’ONU dont les résultats devraient être connus très prochainement, le G20 qui s’est ouvert hier à Saint-Petersburg a forcément vu le cas syrien arriver sur la table des discussions entre les 20 chefs d’Etats les plus puissants du monde et à la surprise générale, Vladimir Poutine avait décidé de mettre le dossier à l’agenda. Les différents gouvernements ont exposé leur position. L’occasion d’un tour d’horizon.

Punir sans intervenir

Barack Obama et les partisans d’une intervention en Syrie à la suite de la première agression de masse à l’arme chimique depuis l’Irak en mars 1988 sont unanimes. La « ligne rouge » a été franchie une fois de trop et il faut désormais punir Bacher El Assad, et le pouvoir en place en Syrie reconnu responsable de l’attaque du 21 aout. Ce qui est ressorti vivement du dossier syrien lors de ce G20 c’est la politique de la non-intervention sur le terrain que soutien l’intégralité de l’Amérique du Sud, l’Inde ou encore l’Indonésie.

dilma-roussef-reuters

Arrivé fin août au poste de Ministre des affaires étrangères, le Brésilien Luiz Alberto Figueireido n’a pas changé de la vision de son prédécesseur qui s’était positionné sur la décision de l’ONU, qui reste le pouvoir de décision numéro un. Le Brésil, comme l’Argentine ou encore le Mexique, soutiennent que l’attaque est jugée « intolérable » et doit être « combattue » mais intervenir reste dangereux, surtout dans le soutien à l’opposition devenue à majorité composée d’islamistes radicaux.

De son côté, l’Inde a réitéré sa position selon laquelle il n’y aurait « aucune solution militaire au conflit« , le risque d’embrasement de la région étant bien réel. Un recours politique « inclusif » concernant le pouvoir en place et l’opposition syrienne serait selon New Dehli la meilleure solution, tout en réaffirmant qu’une position claire serait définie lorsque l’ONU aura délivré les résultats de son enquête. Secret pour personne, l’Inde reste allergique à l’unilatéralisme américain et les Nations Unies demeurent la seule solution gouvernementale en cas de conflits.

Ankara réaffirme sa position

Pour autant, la Turquie a réaffirmé son désir d’intervention non seulement pour punir, mais surtout renverser le régime en place. Depuis le début du conflit, Ankara possède un rôle central dans le conflit syrien tout comme Riyad (Arabie Saoudite) qui envoie des armes à l’opposition confortant sa position anti-Assad.

AFP_130405_ns3pa_pape-francois_sn635

Une chose est sure, le cas syrien concerne tout le monde et surtout inquiète tous les peuples. Le pape François a même rédigé une lettre à l’attention de Vladimir Poutine, le président du G20, pour le presser de ne pas intervenir dans le conflit et de convaincre les 20 chefs d’Etats d’arrêter de « rechercher une solution militaire vaine au conflit« . Près de deux semaines après l’attentat chimique de la plaine de la Ghouta, aucune solution claire ne semble se dessiner même si la majorité des pays se sont positionnés sur une non-intervention. En cas de soutien militaire et de frappes, Américains et Français risqueraient de se retrouver bien seuls et le bourbier syrien est piégeux à bien des critères.

Maxime Brigand
maximebrigand@theyoungreport.fr

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
0
↑ Back to top

Clemence Pouletty

View all post →