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Quelles sont les zones « de décrochage scolaire » ?

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Lundi 30 juin, le ministère de l’éducation nationale a publié « Géographie de l’Ecole 2014 ». En pleine réflexion concernant la modification du système de notation à l’école, le gouvernement français souhaite attaquer l’échec scolaire à la racine.

« Géographie de l’Ecole 2014 » est un rapport qui cartographie la situation de l’école française pour l’année scolaire 2013-2014.  L’enquête de 148 pages menée par les chercheurs du Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq) et du Centre de recherche sur les espaces et les sociétés (Eso-Caen) a révélé quelles sont les zones où le « risque de décrochage scolaire » est le plus important. Le rapport est basé sur le pourcentage de non diplômés parmi les jeunes de 15 ans à 24 ans qui ne sont plus scolarisés pour l’année scolaire qui vient de s’achever. Les résultats ont permis d’établir six catégories des potentiels facteurs de décrochage. La Bretagne reste l’éternelle « bonne élève » française avec  très peu de zone à risque tandis que le pourtour méditerranéen rencontre une précarité économique et culturelle qui ne favorise pas ses élèves.

Oubliez les clichés !

Pourtant le constat général de l’étude peut surprendre. Banlieue ne signifie pas obligatoirement échec. Il n’y a pas que la Seine-Saint-Denis ou Vaux-en-Velin en difficultés. Les milieux ruraux rencontrent aussi des difficultés scolaires comme le collège Louise-Michel à Alençon classé en REP, Réseau d’Education Prioritaire. Un collège « Super ZEP » en plein milieu de la tranquillité de la ville d’Alençon.

L’exemple peut être pris aussi pour la proche banlieue parisienne. Académie de Versailles - Géographie de l'Ecole 2014La petite couronne de la capitale n’est pas entièrement en échec. L’académie de Versailles compte un fort taux de réussite aux examens généraux (Brevet, Bac Général et technologiques). C’est une région caractérisée par une sécurité économique et un soutien culturel. Une facilité qui est souvent due à un PIB important, on y retrouve donc des classes moyennes ou aisées. Mais ces académies et ces régions ne représentent qu’un canton sur quatre, et 1/5e de la population des 15 à 64 ans, soit 8,5 millions de personnes. Selon Stéphane Godind professeur à Verrières-le-Buisson (Essonne) et ancien professeur à Massy (Essonne), la clé de la réussite réside dans la connaissance des milieux socio-professionnels dont viennent les élèves : « il faut savoir appréhender son élève en fonction de son milieu social. S’il vient d’une famille où il peut avoir un certain soutien, ou s’il vient d’une famille nombreuse ou monoparentale, la réussite scolaire n’est pas la même », a-t-il expliqué. Par ailleurs, l’enseignant note également les disparités sociales au sein même des académies. « Au sein de la même académie (Versailles ndlr) les populations ne sont pas les mêmes et les réussites non plus. Verrières-le-buisson est bien plus aisé que Massy mais je ne vois pas pourquoi la réussite ne pourrait pas être la même »,, a-t-il ainsi regretté.

Cette étude permet ainsi de cibler plus précisément les différences entre les régions pour essayer de régler enfin ses inégalités scolaires. Mais les cadres du ministère de l’Education Nationale débloqueront les moyens nécessaires à la lutte contre le décrochage dans ces zones ? Rien n’est moins sûr.

 Maya Amrouche

 

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Clemence Pouletty

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