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Peugeot : entre pertes colossales et PDG grassement payés

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Philippe Varin, PDG de Peugeot sur le départ

Alors que la société automobile Peugeot enchaîne les pertes, les mauvais chiffres et les plans sociaux, le PDG de la firme, Philippe Varin, actuellement sur le départ, devrait toucher une retraite… de 650.000 euros par mois ! Les fonds sont prélevés sur une cagnotte de 21 millions d’euros mise à disposition par le constructeur français.

Avec 5 milliards d’euros de pertes nettes en 2012, le constructeur automobile Peugeot n’est absolument pas en grande forme multipliant les délocalisations et les plans sociaux et ce, malgré un renouvèlement total de la gamme de voitures. Et pourtant, le PDG de la firme automobile, Philippe Varin actuellement sur le départ va bénéficier d’une retraite chapeau de 650.000 euros chaque mois qui correspond à la moitié de ce qu’il gagnait en activité. La nouvelle a du mal à passer, à plus forte raison que la firme automobile a débloqué une cagnotte de 21 millions d’euros pour pouvoir assurer cette retraite.

Le dilemme justice-légal en jeu…

Si cette disposition est parfaitement en accord avec la législation française, elle remet en jeu la question de justice, notamment par rapport aux salariés et à l’entreprise : une entreprise déficitaire ou en perte peut-elle verser à son PDG un parachute doré et une retraite chapeau importants ? Ce n’est pas la première fois qu’une importante société en perte verse une prime de départ, une retraite chapeau, ou encore des stock-options.

Pierre Blayau, PDG de Moulinex est parti avec 2 millions d’euros quelques mois seulement avant le dépôt de bilan de l’entreprise. Alors qu’il n’a tenu le poste de PDG de Sanofi-Aventis qu’un an et demi, en 2007-2008, Gérard Le Fur a reçu 3 millions d’euros. Un an après la firme annonçait la suppression de 1500 postes… Jean-Pierre Tirouflet, patron de Rhodia qui a perdu 626 millions d’euros en 2003 a reçu une indemnité de 2.1 millions d’euros ainsi qu’une retraite chapeau de 5.3 millions d’euros.

Une remise en cause du système doit être ainsi demandée pour réduire les inégalités et les injustices. Pourquoi les PDG qui n’ont pas rempli leurs parts du marché en sauvant ou relançant une grande entreprise s’en tirent à bon compte ? Au-delà des parachutes dorés, des retraites chapeau et des stocks-options, les reclassements dans la fonction publique ou dans d’autres entreprises privées de PDG qui ont coûtée à leurs entreprises sont également nombreux. Charles Milhaud, parti de la Caisse d’Epargne avec 781 millions d’euros de pertes, a été nommé à la présidence du conseil de surveillance d’Océor. D’autres PDG fautifs ont, quant à eux été replacés au sein même de leurs entreprises comme « conseiller du président »…

Une loi interdisant ce genre de pratique, plus que dommageable pour les salariés de ces mêmes entreprises devrait ainsi être mise en place, pour autant rien de tel n’est prévu…

Source : L’oligarchie des incapables, Sophie Coignard, Romain Gubert, édition J’ai lu

L'oligarchie des incapables

Par Jérémy Pastor

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