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Pakistan : Nouveau frein pour l’affaire Benazir Bhutto

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Alors que l’enquête sur le meurtre de la leader du parti du peuple pakistanais (PPP) était au ralentie, le procureur chargé de l’affaire a été assassiné. Un énième meurtre qui ne fera que retarder les recherches. 

©google image

Le flou persiste sur l’affaire quant à l’influence de groupes plus importants. ©google image

17, c’est le nombre de balles reçues par Chaudhry Zulfikar Ali, ce vendredi 3 mai, alors qu’il était en route pour une audience au tribunal de Rawalpindi concernant l’affaire Benazir Bhutto, l’ex-Première ministre pakistanaise assassinée en décembre 2007.

Ce procureur en charge de cette affaire colossale, qui est toujours au point mort au grand dam des pakistanais, s’est retrouvé face à une moto sur laquelle plusieurs individus ont ouvert le feu. Un énième ralentissement dans cette affaire qui semble être dans une impasse et ce, depuis le début. Un manque d’informations ou une volonté de dissimuler une quelconque vérité ? Un questionnement réel, quand on sait qu’il n’y a jamais eu d’autopsie concernant l’ancienne dame politique diplômée d’Harvard et Oxford. Mais aussi et surtout le nettoyage de la scène de crime avant même que les enquêteurs aient fait leur travail, entraînant la destruction massive de preuves.

Six ans après les faits l’enquête n’a toujours pas avancé, le gouvernement n’aura divulgué que le nom du kamikaze coupable du meurtre de Benazir Bhutto et de vingt autre personnes. Surnommé Saeed, Bilal était un adolescent pachtoune âgé de seulement quinze ans au moment des faits. Armé, il avait tiré trois coups de feu alors qu’il n’était qu’à quelques mètres avant  de déclencher sa ceinture d’explosifs. Apparemment lié à une cellule terroriste nommée Tehrik-e Taliban Pakistan qui se situe à la frontière de l’Afghanistan, le flou persiste sur l’affaire quant à l’implication de groupes supérieurs.

Pervez Musharraf davantage suspecté

De nombreuses pistes non négligeables sont à explorer à propos de l’assassinat du procureur Zulfikar. Il n’était pas à l’abri d’une vengeance étant donné son statut directement lié à la justice.  Cette élimination pure et simple de l’élément fort qu’il était vis-à-vis de l’enquête en cours serait l’explication la plus probable de son meurtre. Le procureur était par ailleurs chargé de dossiers sensibles comme les attentats de Bombay de 2008 qui a causé la mort de 172 personnes.

Alors que Pervez Musharraf , alors président du Pakistan avait dénoncé les talibans comme blâmables, les accusations à son encontre ont été très importantes. Et pour cause, les pro-Bhutto avaient pointé une sécurité négligée, remettant directement en cause la légitimité du président. Huit mois plus tard il se retrouve ainsi contraint de démissionner. Sur la sellette, il décide de s’exiler le temps de se faire oublier de la justice. Il retardera son retour dans son pays natal jusqu’au 23 mars dernier, date à laquelle il est revenu avec pour objectif, les prochaines élections législatives. Toutefois sa volonté de revenir en politique n’a pas suffit à le rendre transparent puisque les autorités l’ont récemment arrêté et placé en résidence surveillée dans la capitale.

« La revanche n’est pas le chemin à suivre pour faire avancer la démocratie » a dit Ashfaq Kayani, successeur de Pervez Musharraf à la tête de l’armée, alors que les prochaines élections auront lieu ce samedi.

Mais qui est Pervez Musharraf ?

Pervez_Musharraf_2004

©CC Wikicommons

Né le 11 août 1943 à Delhi, Pervez Musharraf a été président du Pakistan à la suite d’un coup d’état –non violent- et a obtenu la présidence du pays de 1988 à 2008, soit près de vingt ans. Pour autant, l’homme politique est selon l’administration officiellement président à partir de 2001. Initialement militaire, il a gravi les échelons au fil des années. Durant ses mandants il a prôné la lutte contre le terrorisme mais en décembre 2007 la première ministre Benazir Bhutto décède des suites de ses blessures après un attentat à la sortie d’un meeting. Musharraf accuse les talibans mais la population le tiendra pour responsable de l’insécurité de sa partenaire. Face à cette crise politique il installera trois jours de deuil national. Deux mois plus tard son parti politique, La ligue musulmane de tout le Pakistan, perd les législatives. En août une motion de destitution est levée contre lui par les partis de coalitions, il n’aura d’autres choix que de démissionner la semaine suivante. Voyant la justice mettre en cause sa responsabilité face à l’affaire Bhutto, il est contraint de partir en exil. Des Emirats jusqu’en Angleterre, il retardera plusieurs fois son retour au Pakistan jusqu’en mars 2013 où il finira par être arrêté par les autorités alors qu’il était revenu pour les législatives de mai.

Par Merwane Mehadji

 

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