0

Négociations de Genève, épisode III : L’Iran proche du but ?

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
image_pdfimage_print

conférence genèveAprès 2 jours de négociations laborieuses à Genève, l’Iran a finalement obtenu un accord préliminaire pour le nucléaire. Un petit pas diplomatique pour les pays européens mais un grand pas pour Téhéran. Mais que cela signifie-t-il ?

Après les journées du 23 et 24 novembre, un accord  « historique » a été unanimement salué dans le monde entier. Obama semble avoir sa petite victoire diplomatique, Fabius était mal à l’aise. Pendant que la France copinait avec Israël, elle  ne s’attendait pas à ce que l’Iran obtienne une avancée. Serguey Lavrov, ministre russe des affaires étrangères  apporte son avis : «Compte tenu des circonstances, il n’y a pas de perdants dans cet accord, tous les côtés sont gagnants». Pour Israël et quelques pays arabes, c’est la même rengaine. Le ministre israélien de l’Economie, Naftali Bennett  a d’ailleurs annoncé : «Si dans cinq ans, une mallette nucléaire explose à New York ou Madrid, ce sera à cause de l’accord signé à Genève. »  Certains diront qu’il pensait plus à Tel-Aviv que les villes citées. Les réactions sont à la hauteur des négociations : vagues et mitigées.

L’Uranium, Saint –Graal de l’Iran

Cet accord, qui a une durée limitée de 6 mois, stipule que l’Iran ne doit pas enrichir son uranium au-delà  5%. Ce qui permet de neutraliser son stock d’uranium ayant déjà été enrichi à 20%. Les sanctions économiques seront levées pendant cette période. L’économie iranienne pourra enfin respirer. Son ambition du nucléaire ne pourra que croître. Le saint Graal de l’Iran étant l’Uranium. Néanmoins, les limites des accords de Genève ralentissent la volonté de Téhéran d’accéder au nucléaire civil et militaire.

L’Uranium se trouve essentiellement dans les océans et dans les mines à ciels ouverts. Les U-235 et U-238 sont les deux isotopes  permettant la fabrication du nucléaire civil et des bombes atomiques. Parmi ces deux isotopes, l’U-235 est le plus rare et le plus recherché. Sa combustion est utilisée pour l’électricité et l’arme atomique. Quant à l’U-238, son noyau se transforme en plutonium-239, autre base de l’arme nucléaire. Pour fabriquer  la bombe atomique, ces isotopes doivent être enrichis à 80-90%. L’Iran en est à 20%. Insuffisant pour du nucléaire militaire mais proche pour le civil.

Un pas minuscule pour les pays négociateurs mais un grand pour l’Iran

Les usines iraniennes tournent à plein régime. La centrale de Qom a fait l’objet d’une visite de l’Agence Internationale de l’énergie Atomique. Rien à signaler. Le réacteur nucléaire d’Arak pourrait fabriquer des armes au plutonium. Un fait assez troublant : les autorités iraniennes n’ont jamais accepté la visite de la base militaire de Parchin. Aussi bien sous Ahmadinejad que Rohani. Le territoire pourra mettre à profit  ses autres sources  d’approvisionnements potentiels comme le Kazakhstan (le 2ème plus grand extracteur d’uranium), la Mer Caspienne, et fort peu probable la mer d’Arabie et le Pakistan.

L’Iran n’a jamais refréné sa volonté de l’arme atomique.  L’accord passé à  Genève s’est effectué en lien avec ce facteur. Néanmoins, il offre l’occasion d’instaurer un climat géopolitique convenable. Chose qui n’était pas arrivée depuis 40 ans. C’est peut être un pas minuscule pour les pays négociateurs mais c’est surtout un grand pas pour l’Iran.

Par Jeanick Lubanza

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
0
↑ Back to top

Clemence Pouletty

View all post →