0

Matteo Renzi, 1 an de présidence du Conseil

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
image_pdfimage_print

Un an après la prise du pouvoir au dépend de son camarade du Parti Démocrate Italien Enrico Letta, Matteo Renzi, défend un bilan mitigé pour une raison : avoir confondu vitesse et précipitation.

Le temps est au bilan pour le chef du gouvernement italien.  Matteo Renzi,  celui  qu’on appelle le « Rottomatore », le démolisseur. Lors de sa prise de fonction, il y a un an, Matteo Renzi  promettait non pas de faire le tour du monde en 80 jours mais de changer l’Italie en 100 jours. Il  déclarait que pour y parvenir, l’Italie devait  subir le rythme d’une réforme par mois. Imposer  son programme de réformes n’est pas si simple,  et le président du conseil italien a eu besoin de plus de temps. Il est donc revenu sur sa déclaration, annonçant un délai de 1000 jours contre 100 initialement annoncés.

Quel était son programme ?

Son principal objectif est la relance de  la croissance, inexistante depuis 2011. « Dégager 10 Milliards d’euros pour 10 millions d’italiens ». Cette relance se fonde sur différentes mesures comme:

 – Une  baisse de l’Impôt sur le revenu, pour les ménages gagnant moins de 25 000 €/an. Ce qui correspond  à une économie de 1000€ par an.

 – Une  baisse d’impôt sur les activités productives des petites et moyennes entreprises italiennes.

 – Une diminution du budget alloué à l’Etat se traduisant par une réduction des avantages dans les institutions. La principale cible de cette réforme est le Sénat qui sera entièrement remodelé pour mieux répondre aux nouveaux besoins.

 – Une augmentation de la TVA afin de récolter 6 milliards d’euros, notamment en augmentant les taxes sur les rentes.

 – Une diminution du chômage en réformant le code du travail afin de faciliter l’accès à l’emploi.

 – D’autres lois sont envisagées comme la rénovation des écoles et la création d’une autorité contre la corruption.

Un sprinter devenu marathonien 

Face aux promesses du gouvernement, aujourd’hui beaucoup d’italiens sont déçus et parlent plutôt d’un « livre de songes ». Selon eux, il n’y a aucun changement notable. Néanmoins, il faut rappeler la situation de l’Italie lors de la prise de fonction de l’ancien maire florentin, Matteo Renzi. Le pays subissait depuis 3 ans la récession, affichait un taux de chômage de 13,5% (l’un des plus fort taux de l’Union Européenne) et enregistrait une dette équivalente à 130% du PIB.

Il faut admettre, que de nombreux projets de loi sont encore en chantier au sein du parlement romain. Quant aux réformes d’ores et déjà adoptées, leurs mises en place et leurs effets sur le quotidien des citoyens demandent du temps avant d’être perceptible. Autrement dit, après seulement 1 an de présidence du conseil il est encore trop top pour juger de la politique du gouvernement.  Mais les derniers rapports de l’Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE), prévoient une augmentation de la croissance italienne.

Deux réformes majeures ont déjà été entreprises par le gouvernement Renzi : La réforme du code du travail, et la réforme de la loi électorale pour plus de stabilité politique.

Le jobs Act

L’article premier de cette nouvelle loi, appelée Jobs Act, prévoit que «  le contrat de travail à durée  indéterminée constitue la forme commune de l’emploi ».

 Cette réforme adoptée le 3 octobre 2014, supprime les 40 types de contrats de travail pour les substituer à une unique possibilité : le CDI (contrat à durée indéterminée),

Ce nouveau CDI apporte une certaine souplesse aux entreprises. L’article 18 du code du travail protégeant les salariés des licenciements abusifs a été abrogé. Avec ce nouveau contrat, l’employeur aura plus de facilité pour licencier les salariés durant les 3 premières annéesLe système utilisé fonctionne sur une protection croissante de l’employé. Au-delà de la 3ème année dans l’entreprise, la protection se durcie, rendant plus couteux le licenciement.

Des mesures contre le chômage sont également prisent : Pour faciliter la réinsertion des demandeurs d’emploi, des formations leurs sont imposées et ils ne pourront refuser qu’une seule offre d’emploi.

Seuls 50 textes de loi ont été conservés sur les 2000 visés. Des textes clairs, simples, lisibles qui doivent être  traduits en anglais afin de rassurer les investisseurs étrangers.

Les syndicats italiens et la  population ont réagi en descendant dans la rue manifester leur mécontentement. Leur crainte est que la situation des salariés devienne plus précaire qu’auparavant au profit des sociétés. Malgré ce désaccord, la réforme a été saluée par l’Union Européenne, notamment Angela Merkel qui a félicité la politique de Matteo Renzi. Les pays européens considèrent cette nouvelle loi comme un moyen de faciliter l’insertion à l’emploi, luttant ainsi contre l’augmentation du chômage. Le président du conseil ne cède devant aucune pression, ce qui lui vaut le surnom de Thatcher en Italie.

Un requiem pour le Sénat ?

L’autre point phare de la politique du gouvernement Renzi, est d’assurer une stabilité politique et de faciliter l’adoption des lois. Pour lutter contre l’instabilité, Matteo Renzi, a instauré, 4 mois après sa prise de pouvoir, par 2 décrets, une autorité pour lutter contre la corruption. Considérant la procédure judiciaire trop lente  le gouvernement a donc créé une commission soumise à une procédure simplifiée.

L’une des principales promesses du gouvernement était de modifier  le fonctionnement du Sénat afin d’abolir le bicaméralisme parfait du parlement. A la suite de la première guerre mondiale, les deux chambres parlementaires ont obtenu les mêmes prérogatives. Beaucoup considèrent ce système comme dépassé, mais aucun des gouvernements précédents n’avaient osé s’attaquer aux privilèges des sénateurs. La réforme constitutionnelle a été amendée dans la nuit du 14 février par le Sénat lui-même, et sera soumise à une deuxième relecture par la chambre des députés en mars avant d’être définitivement adoptée.

L’objectif de Matteo Renzi est de créer un Sénat des Autonomies, c’est-à-dire réduire le nombre de sénateurs de 375 à 100 uniquement, et pour un mandat de 5 ans. Le suffrage était jusqu’à présent direct comme pour les députés. Dorénavant, le vote pour élire les sénateurs sera indirect comme en France, c’est-à-dire par les maires et conseillers régionaux.

Les Sénateurs peuvent dire adieu à leurs indemnités supplémentaires. Selon le gouvernement, cette réforme permettra  d’économiser  500 millions d’euros par an.

La fonction de l’institution est également réformée. Le Sénat n’accordera plus sa confiance au parlement, et ne pourra plus se prononcer sur le vote du budget. En contrepartie de cette perte d’influence vis-à-vis du pouvoir exécutif, Matteo Renzi offre une maigre compensation. Le Sénat sera chargé de l’élaboration du droit commun en Italie en transposant les directives de l’UE (l’Union Européenne) et sera donc la passerelle avec le parlement européen.

Matteo Renzi par cette réforme peut se féliciter d’avoir honoré 3 de ses promesses : Réduire les coûts de la politique, diminuer le nombre de parlementaires, et abolir le bicaméralisme parfait.

Une Italie moteur de l’Union Européenne ? 

Matteo Renzi l’avait annoncé le soir de sa prise de pouvoir « Je suis ému et déterminé à travailler pour que l’Italie change l’Europe ».

Ce choix d’un Sénat au regard tourné vers l’Europe prouve une nouvelle fois sa détermination de jouer un rôle important au sein de l’UE. Il a déjà été fortement remarqué pour la réussite du plan Junker, qui a permis davantage de souplesse dans le pacte de solidarité européen. Plus précisément, il a obtenu que les investissements publics ne soient plus considérés lors du calcul du déficit.

Il semblerait donc que le « Rottomatore » veuille défendre sa position de fondateur des communautés européennes.

Lorenzo Privitera

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
0
↑ Back to top

Jérémy Pastor

View all post →