0

L’Ouganda relance sa chasse aux homosexuels

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
image_pdfimage_print

Sous la pression d’une population mal informée et de l’obscurantisme des puissantes Eglises évangélistes, Yoweri Museveni, président Ougandais, a promulgué une loi anti-homosexualité. Cette loi ouvre sur une traque légale des homosexuels. Il n’a jamais fait bon vivre en Ouganda pour les populations homosexuelles, aujourd’hui, plus que jamais.

En 2010, l’Ouganda avait déjà fait parler d’elle pour la recrudescence de meurtre homophobe. La version ougandaise du magazine Rolling Stone publiait la liste de 100 gays et invitait la population à les pendre. Photos et adresses à l’appui. Des massacres à la machette ont été commis en masse et la plupart des criminelles n’ont pas été inquiétés. Dans certains cas, ils sont vus comme des « héros » ou des « sauveurs d’enfants. ». Entre-temps, la cour de Kampala interdit les nouvelles publications d’identité de personnes présupposées gays ou homosexuelles. Quatre ans plus tard, le gouvernement ougandais relance la chasse à l’homme, mais légalisée cette fois.

©james’photography/flickr.com

Le président ougandais Yuweri Museveni lors d’une conférence au Cap. 

Le président Yoweri Museveni hésitait pourtant à promulguer une loi sur l’homosexualité. Celui-ci affirmait que les « gays étaient malades mais que la répression n’était pas le remède ». Après ces « sages » paroles, il est finalement revenu sur sa décision. Les raisons sont invraisemblables.

Cette loi affectera la vie des citoyens homosexuels Ougandais. Et cela de façon irrévocable

Selon Ofwono Opondo , porte- parole du gouvernement, le ministère de la santé aurait chargé un « groupe de scientifiques’’, « d’étudier l’homosexualité et la génétique chez les êtres humains ». « L’équipe de scientifiques a montré que l’homosexualité est un comportement appris, que certaines personnes adoptent parfois pour de l’argent, et c’est ce que le président veut empêcher ». CQFD…

Cette loi affectera la vie des citoyens homosexuels Ougandais. Et cela de façon irrévocable. Le Code pénal interdisait déjà une série de droits comme les « rapports sexuels contre nature. ». Cette version « améliorée » cible des personnes susceptibles d’être arrêtées comme celles assumant leur préférence ou au contraire, qui défendent la cause homosexuelle sans pour autant dévoiler leur sexualité. Les individus touchés sont :

  • les « récidivistes », qui ont un temps été menacés de la peine de mort, dans une version du projet de loi en date de 2009.
  • les personnes porteuses du VIH ayant eu des rapports sexuels avec une personne du même sexe, y compris lorsqu’il s’agit de rapports sexuels protégés entre adultes consentants.

Prescrite le 24 février dernier, la loi prévoit quelques « nouveautés » :

  • Elle pénalise la « promotion » de l’homosexualité et prévoit également des peines de prison pour toute personne qui conseille ou tend la main aux homosexuel(le)s.
  • Elle impose des tests de dépistage du VIH dans certaines circonstances.
  • Le texte criminalise également pour la première fois l’homosexualité féminine, ignorée auparavant par la législation.
  • La non-dénonciation des homosexuels devient pénalement répréhensible.
  • La loi dispose théoriquement d’une compétence extraterritoriale, rendant tout citoyen ougandais vivant à l’étranger et « coupable d’homosexualité », susceptible d’être poursuivi et extradé.(extrait de Slate Afrique)

Une part de la population, mal renseignée, croit encore à certaines rumeurs lancées contre les individus homosexuels ; A l’instar de Muhames Giles, le directeur de publication de Rolling Stones : « certains d’entre eux enrôlent de jeunes enfants dans l’homosexualité, ce qui est mal et doit être rendu public. Ils se servent de notre pauvreté pour embrigader des Ougandais. En bref, nous l’avons fait parce que l’homosexualité est illégale, inacceptable et que c’est une insulte à nos traditions ». L’église a aussi un poids déterminant pour la population. Ainsi, elle n’hésite pas à prêcher l’intolérance en masse. La plupart de la population ougandaise ne réfute pas les dires car le courant évangéliste est aussi (voire plus) puissant que l’Etat. Il n’a pas rare d’entendre encore : homosexualité = pédophilie = pratiques sadomasochistes ou viol d’enfants.

 

Jeanick Lubanza

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
0
↑ Back to top

Clemence Pouletty

View all post →