0

La presse meurtrie…

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
image_pdfimage_print
Ghislaine-Dupont-Claude-Verlon_pics_390

©RFI

Après l’assassinat près de Kidal dans le nord du Mali de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, journalistes reporters pour Radio France Internationale (RFI), le monde entier des médias est en deuil avec une seule question en tête : le journaliste peut-il exercer son métier en toute sécurité ?

Les médias français sont aujourd’hui dans le deuil le plus complet ! Samedi, deux confrères de Radio France Internationale (RFI) ont été froidement assassinés au Nord du Mali près de la ville de Kidal. Présents sur place pour interviewer un chef touareg du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été attaqués et capturés, par selon les premiers éléments des membres terroristes du Mujao (Mouvement pour l’unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest) avant d’être exécutés à 13 kilomètres, seulement de Kidal.

Les médias outragés !

Cette nouvelle fait mal. D’autant plus qu’elle intervient quelques jours seulement après la libération des quatre otages d’Arlit (Niger), détenus depuis trois ans. Elle passe d’autant plus mal que les faits décrivent un assassinat dans les règles : froid, cruel et ciblé. Si cet évènement est majoritaire perçu comme une vengeance, il traduit les difficultés qu’éprouvent les journalistes, chaque jour, pour exercer leur métier, leur passion. Et pour cause, c’est bien de la passion qu’il est question pour ces deux journalistes, amoureux de l’Afrique.

La presse brisée !

cpj graph

©CPJ

La mort de ces deux journalistes porte à 4 le nombre de journalistes français tués cette année. En début d’année, deux confrères sont exécutés, cette fois-ci en Syrie. Yves Debay, co-fondateur du magazine Assaut est abattu par un tireur embusqué le 17 janvier 2013, tandis qu’Olivier Voisin, reporter indépendant meurt des suites de ses blessures en mai dernier. La tension est  palpable au sein de la presse française, de plus en plus réticente à envoyer des reporters sur des terrains aussi dangereux. Le sort de quatre autres journalistes est toujours incertain : Didier François et Edouard Elias, journalistes chez Europe 1 sont retenus prisonniers depuis le 6 juin 2013 ; le photographe, Pierre Torrès et le reporter Nicolas Hénin ont, quant à eux, été enlevé seulement trois semaine plus tard.

Les journalistes martyrisés !

Si ces évènements nous touchent directement, en tant que Français, les chiffres sur la liberté de la presse, les journalistes tués ou détenus sont effarants. Selon Reporter Sans Frontière (RSF) et le CPJ (Comittee to Protect Journalists), pas moins de 64 journalistes ont été tués cette année, un chiffre auquel s’ajoute une vingtaine de journalistes-citoyens… Pour autant, l’année 2013 n’est pas la plus meurtrière selon le CPJ : en 2007, 112 journalistes ont perdu la vie dans le cadre de leurs fonctions. La naissance du conflit syrien a aussi fait  augmenter le nombre de journalistes morts malgré une baisse après l’année 2007. Le CPJ fait ainsi état de 106 morts en 2012.

Mais la presse libérée ?

©CPJ

©CPJ

Si les chiffres sont loin d’être encourageants, les motifs en sont d’autant plus inquiétants, et ne permettent pas d’envisager que la presse sera totalement libre dans les années à venir.Et pour cause, depuis 1992, 61% des morts de journalistes sont dues à des guerres ou/et à des enjeux politiques,  22% à des crimes ou à la corruption… La liberté de la presse n’est pas encore acquise et de nombreux journalistes l’ont payé de leurs vies. Reste à savoir, si des mesures concrètes seront prises par les Etats à travers le monde pour libérer les journalistes détenus et revendiquer le droit de la presse comme une vertu de la démocratie. Rien n’est moins sûre…

Par Jérémy Pastor

1424448_685277474825389_1206706702_n

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
0
↑ Back to top

Jérémy Pastor

View all post →