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Kurt Cobain, 20 ans déjà.

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« Tout ce que Nirvana a toujours désiré faire, c’est briser le mythe du rock’n’roll et montrer que les rock stars n’étaient que des êtres humains ».

Quelques mois seulement avant sa mort, Kurt Cobain véhiculait de nouveau le message qu’il voulait faire passer à travers sa musique. De son enfance psychologiquement difficile à sa mort controversée, l’artiste torturé mené à sa perte par la médiatisation, aurait-il seulement supporté le traitement marketing dont il est aujourd’hui l’objet déifié par des millions de fans à travers le monde ?

 

Né le 20 Février 1967 d’un père mécanicien automobile et d’une mère serveuse à Aberdeen dans l’état de Washington (Etats-Unis), Kurt Cobain vit une petite enfance marquée par la musique que lui apprennent ses oncles et ses tantes. Une enfance brisée vers l’âge de 8 ans lors du divorce de ses parents.
Enfant jusqu’alors ouvert et joyeux, le petit Kurt vit très mal cette séparation et commence à se renfermer sur lui-même. C’est à ce moment là qu’il commence à voir la vie en noir. Trimballé tantôt chez sa mère, tantôt chez son père, le jeune garçon devient peu à peu émotionnellement instable. Le leader de Nirvana déclarant même par la suite qu’à l’âge de 9 ans, il n’imaginait pas atteindre les 21 ans.

Enfant sensible et préférant la compagnie des filles et l’art au sport, Kurt Cobain est mal vu à l’école. Associable, l’enfant est moqué et mis à l’écart. Il développe une réelle aversion envers une normalité après laquelle il court malgré tout. « Ca ne m’aurait pas surpris si on m’avait élu la personne capable d’assassiner le plus facilement tout le monde à un bal de fin d’année ».

A 14 ans, après avoir été renvoyé de chez lui par son père avec lequel il se dispute souvent, son oncle lui offre sa première guitare. Avec son nouvel instrument, Kurt cherchera à jouer à tout prix la chanson Stairway To Heaven de Led Zeppelin tout en développant son propre style de musique. C’est également lors de cette période que l’adolescent commence à fréquenter le milieu underground de Seattle. Puis, à 16 ans, il rencontre le futur leader des Melvins : Buzz Osborne qui lui fera découvrir la scène punk, influente dans la future oeuvre de Nirvana et lui fera rencontrer son ami de toujours : Kris Novoselic, fils d’immigrés croates travaillant alors dans un fast-food.

 

En 1985, Kurt Cobain décide de se consacrer entièrement à la musique à quelques semaines seulement de son examen de fin d’année et sombre peu à peu après avoir enchaîné sans succès petits boulots et actes de vandalisme. Preuve de son aversion envers la population locale, son fameux tag « God is gay » est jugé choquant par les habitants d’Aberdeen, ville peuplée de bucherons pour qui, selon lui, la vie ne se résume qu’à « Baiser, couper du bois, boire, parler de baise et boire ».

Choquer pour exister. Pour s’affirmer. Le jeune homme torturé réfléchit. Véhicule ses idées. Prend position. « J’aimerais être gay juste pour faire chier les homophobes » déclare t-il. Toutefois, la musique reste sa plus grande passion et un an plus tard, en 1986, après plusieurs essais, Cobain et Novoselic forment le groupe qui les fera connaître : Nirvana.

Commençant dans le milieu underground de Seattle, la formation se fait rapidement un nom et devient très populaire parmi les groupes locaux. Mais la dépression commence. Logé gratuitement par sa copine de l’époque Tracy Marander, Kurt Cobain écrit le premier album du groupe : Bleach et enchaîne les petits boulots mal payés.

 

Puis, en 1991, arrive Nevermind. Le succès est international. Autant qu’il est incompréhensible et inattendu pour Kurt. Stressé par la pression arrivée d’un seul coup sur ses épaules, le leader de Nirvana tombe dans la drogue l’héroïne, qu’il cumule avec une dépression sévère. Puis, il rencontre Courtney Love, tête d’affiche du groupe Hole, sa future femme et mere de sa fille : Frances Cobain (dont le nom provient de l’actrice maudite Frances Farmer), en parfaite santé malgré les rumeurs de consommation de drogues dures durant la grossesse.
Toutefois, l’étau se resserre autour de la vie du jeune homme. Acculé par la drogue, la fatigue accumulée à cause des concerts et par ses incessants conflits de couples, il sombre dans une dépression encore plus profonde qu’auparavant.

En Mars 1994, le chanteur fait une overdose à Rome. CNN l’annonce même mort avant de se rétracter quelques heures plus tard. Pourtant, celui-ci est bien vivant. Il s’agit pour beaucoup d’une premiere alerte. La première tentative de suicide de Kurt Cobain. Celle qui devait arriver. Le suicide, omniprésent dans la tête et dans les textes du chanteur.

Enfin, le 1er Avril de cette même année, alors qu’il est en cure de désintoxication, Cobain s’échappe. Personne ne sait où il se trouve, sa femme envoie alors un détective privé à sa recherche. Puis, arrive le drame.

La balle dans la tête la plus célèbre des années 1990. Il y a 20 ans, le 5 Avril 1994, il s’en était allé, lui, le poète dépressif, à 27 ans. A l’instar de Jim Morrisson ou Jimi Hendrix. 

 

Benjamin de Haro

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Clemence Pouletty

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