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« Je n’aime pas les riches »

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Dinero-billetes-y-monedas-euroAprès l’avènement du président « bling-bling » et du «travailler plus pour gagner plus », l’affaire Cahuzac fait resurgir de vieux tabous des profondeurs abyssales. Les français sont de plus en plus mal à l’aise dans leur rapport avec l’argent.

Selon une enquête Ifop, 78% des sondés considèrent  qu’il est mal perçu d’être riche en France. Ce malaise puise sa source dans l’héritage culturel français. Le catholicisme a toujours  entretenu des rapports sains avec la pauvreté, considéré comme un idéal de vertu et de pureté, ce que ne manque pas d’appliquer la « fille aînée de l’Eglise ».

Si Karl Marx, tenant de la pensée gauchiste, soutenait que la religion était l’opium du peuple, il n’en prêchait pas moins des sermons contre le profit capitaliste. Cette rhétorique révoltée aux relents révolutionnaires rappelle que le Tiers-Etat s’est soulevé pour abolir les privilèges d’une aristocratie parcimonieuse. Surgissant des trois concepts fondateurs de la République, cette volonté égalitariste dénote aussi une certaine jalousie à l’égard de son voisin. Dans une société traditionnellement paysanne, on cachait notre argent entre coffre et silence, de peur de paraître suspect et de susciter la jalousie d’autrui.

Fruit défendu

Si une partie de l’électorat de droite a toujours entretenu un rapport décomplexé avec l’argent, la gauche en a toujours fait sa cible favorite. « Je n’aime pas les riches ». déclara François Hollande, alors premier secrétaire du parti socialiste en 2006, dans une émission très controversée. Impôt sur la fortune, baisse des allocations pour les plus aisés, lutte contre les paradis fiscaux… Tout y passe pour que l’actuel Président de la République se conforte dans cette thèse anti nanti.

Seulement, l’affaire Cahuzac remet en cause cette distanciation de l’argent faite par la gauche depuis sa création. Le fait qu’un ministre socialiste – chargé de la lutte contre la fraude fiscale de surcroît – ait pu posséder un compte à l’étranger, jette l’opprobre sur toute cette classe politique.

«Et s’il n’y avait pas de différences entre gauche et droite ?», c’est ce à quoi ont voulu se défendre le gouvernement en divulguant le patrimoine de tous les ministres. Si l’idée était de prouver de facto l’honnêteté des représentants de l’état, n’importe qui après Cahuzac pouvait mentir in fine sur la gestion de ses richesses. Cette recherche déontologique en perd alors tout son latin. Que Cécile Duflot ne possède pas de logements ou que Laurent Fabius soit à découvert sur son compte courant ne montre pas spécialement qu’ils soient de mauvais gestionnaires. Dans cette manœuvre anti-corruption, le gouvernement réussit une nouvelle  « opération normale », rassurant la plèbe en démontrant une certaine « proximité financière ». « Ma part d’ombre c’est mon combi Volkswagen » ironisait Jean-Marc Ayrault sur France Inter.

Les rapports tendent cependant à se décomplexifier dans un gouvernement aux relents et au surmoi marxiste. En effet, 30% des membres de l’exécutif seraient millionnaires, fait qui démontre que richesse et mérite peuvent coïncider sans les rapports de force de « l’homme sur l’homme ». De plus, la richesse ne fait que démontrer de nombreux talents et une certaine appétence pour la réussite.

Par Jérôme Wysocki
jeromewysocki@theyoungreport.fr

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Jérémy Pastor

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1 Comment

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