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La Grande Bretagne vient de perdre son triple A

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David Cameron

David Cameron

Il ne reste plus que quatre pays dans l’Union Européenne à posséder le fameux sésame du Triple A : L’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande après la dégradation par l’agence de notation Moody’s de la note économique britannique vendredi soir en raisons de la faiblesse des perspectives de croissance. C’est la première fois depuis 1978.

Une politique d’austérité qui ne porte pas ses fruits. Le Royaume-Uni qui poursuit depuis plus de deux ans et demi une politique d’austérité avait pour objectif majeur la conservation de ce Triple A qui leur aurait permis de justifier cette politique.

Les raisons invoquées : une perspective de croissance faible ainsi qu’un retard au sujet de la réduction de leur déficit. Pour l’opposition c’est donc un échec du gouvernement Cameron, cette note abaissée « prouve bien que le plan n’as pas marché », l’opposition préconise donc une politique de relance. Le gouvernement accuse le coup en mettant la faute sur les difficultés qui règnent au sein de la zone euro.

Malgré les critiques, le gouvernement Cameron reste sur sa lancée

Cela n’empêche pas le gouvernement de mener cette politique d’austérité, le ministre des finances Georges Osborne  a confirmé vouloir continuer dans cette voie en poursuivant les restrictions budgétaires : « Pour le moment, nous pouvons emprunter à moindre coût avec des taux très bas justement parce que les gens ont confiance en l’idée que nous avons un plan ». Le FMI (Fond Monétaire International) a pourtant mis en garde le gouvernement contre les effets négatifs d’une austérité trop sévère.

En dépit de la dégradation de Moody’s, l’agence met en avant des points positifs en soulignant «la stabilité économique du pays» et une économie «hautement compétitive» et «bien diversifiée», l’organisme insiste aussi sur le fait que  « la solvabilité de la Grande-Bretagne reste extrêmement élevée ».

Un avenir incertain

Cette nouvelle rend l’avenir du Royaume Uni au sein de l’Union Européenne de plus en plus confus et suspendu au référendum proposé par David Cameron. Le référendum qui aura lieu avant les élections législatives décidera de la place de la Grande-Bretagne qui a toujours eu un traitement de faveur à chaque traité signé (Schengen en 1986 ; Maastricht en 1992). Les deux autres agences de notation Fitch et Standard and Poor’s pourraient, elles aussi, dégrader la note du Royaume-Uni placée sous prévision négative.

A cela s’ajoute les prévisions du FMI ; la dette publique britannique devrait continuer d’augmenter en passant à 93.3% du PIB (Produit Intérieur Brut) en 2013. L’agence de notation considère que la situation ne devrait pas s’améliorer avant la fin de la décennie. Le pays menace aussi de tomber dans une troisième période de récession (croissance négative) depuis la crise financière de 2008.

En décembre dernier Georges Osborne avait été contraint de reconnaitre que la cure d’austérité devrait continuer un an de plus, soit jusqu’en 2018.

Par Charlotte Faulkner
charlottefaulkner@theyoungreport.fr

 

Lexique :

Agence de notation : entreprise qui note les pays sur leurs capacités de remboursement des dettes. Les notes servent d’échelle pour fixer les taux d’intérêts lorsque les Etats empruntent.
Déficit public : c’est lorsque les dépenses des administrations locales, régionales et nationales (sécurité sociale inclue) sont supérieures aux recettes publiques (impôts, taxes).
Croissance : c’est l’augmentation de la production de richesse d’un pays d’une année sur l’autre (a contrario de la récession qui est une baisse de la production de richesse d’un pays).

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Jérémy Pastor

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