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Elections législatives italiennes : qui est à la barre ?

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grilloLe scrutin des élections législatives italiennes ont eu lieu Dimanche 24 et Lundi 25 février 2013 aux enjeux très importants sur fond de crise de la dette, d’austérité et de l’Europe. Les résultats plongent le pays dans l’incertitude avec Pier Luigi Bersani du centre gauche en tête (29.5%)  suivi de près par l’infatigable Silvio Berlusconi (29.18%) et du « Coluche » italien Beppe Grillo (25%).

Les élections n’ont pas endiablés les Italiens ce week-end, le taux d’abstention est de 49% et le vote contestataire est fort, visible par le score réalisé par l’ex-comique Beppe Grillo : 25%.

Beppe Grillo se veut apolitique en reprenant les « meilleures » idées de gauche et les « meilleures » idées de droite, dans un programme flou del Movimento Cinque Stelle. Ce trublion politique a fait sa campagne en direct avec la population enchaînant les meetings et refusant les plateaux télévisés. A plus de 75 ans, Silvio Berlusconi, « il cavaliere » se relance en politique à la tête d’une coalition de droite qui talonne celle de gauche de Pier Luigi Bersani. Les résultats montrent  la morosité des Italiens face à l’austérité qui a été menée par  Mario Monti, qui ne reçoit que 10% des suffrages. Ce climat montre également une porosité du système politique italien qui se retrouve dans l’impasse.

L’Italie incertaine

La Chambre des Députés constituée de 630 élus est majoritairement à gauche a contrario de la Chambre du Sénat qui n’a pas de majorité parmi les 315 sénateurs. Une alliance est donc inévitable pour Pier Luigi Bersani leader du Parti Démocrate (Centre gauche) et représentant d’une coalition qui réunit socialistes et extrême gauche, crédité à 29.5% des suffrages. Il devra convaincre Beppe Grillo de la nécessité d’une coalition au gouvernement… Le problème est que ce Coluche italien a annoncé ne vouloir aucune alliance avec ces « politiciens avec leurs gueules de cons qui se foutent de nous ». Dernier ressort, une alliance délicate et peu probable avec M. Berlusconi pour espérer voir un nouveau gouvernement et un nouveau premier ministre. Le doute en Italie est au centre de tout et nourrit les angoisses des marchés boursiers et des dirigeants européens. Les grandes places boursières ont chuté aujourd’hui : -4.89% à Milan, -2.69 pour Le CAC 40 et -1.30% pour la bourse de Londres. Les marchés financiers s’affolent notamment à propos de la dette souveraine du pays qui s’élève à plus de 2000 milliards d’euros.

« A l’est rien de nouveau »

L’Italie, pays en grande difficulté depuis la crise de la dette souveraine de 2010, commence à se relever de cette crise sans précédent en particulier grâce aux plans de rigueur menés par Mario Monti, grand déchu de ces élections (10%). Le pays a réussi à réduire son déficit public à 2.6% du PIB, et une balance commerciale excédentaire de 11 milliards d’Euros lorsque la France peine avec 3.6% de déficit public et un déficit commercial de 69 Milliards.

Ces signes encourageants semblent importants d’être soulignés, à plus forte raison, qu’il reste encore un long parcours à effectuer : 35% des jeunes italiens sont sans emploi, réunir économiquement le Sud au Nord séparés par l’infranchissable « mezziogiorno », s’ouvrir à l’Afrique du Nord pour stimuler le commerce et poursuivre les efforts pour abaisser cette dette et enfin résister à la pression de plus en plus insistante des créanciers, du FMI (Fond Monétaire International) et les institutions de l’Union Européenne. Affaire à suivre.

Lexique :

Déficit public : c’est lorsque les dépenses des administrations locales, régionales et nationales (sécurité sociale inclue) sont supérieures aux recettes publiques (impôts).

Par Jérémy Pastor
jeremypastor@theyoungreport.fr

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