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Espagne : le bipartisme bat de l’aile

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Dimanche 24 Mai avaient lieu en Espagne les élections municipales et régionales. Et les résultats sont sans appel : les indignés de Podemos s’imposent comme troisième force politique majeure.  Les partis traditionnels – le PP (Parti conservateur, de droite) et le PSOE  (Parti Socialiste Ouvrier) – ayant déçu, incapable de trouver les solutions à la crise qui frappe le pays depuis 2008.

Après une soirée électorale mettant fin au suspense de deux élections, les espagnols se réveillent dans un pays qui  vient de vivre une révolution politique : elle est désormais divisée en quatre formations politiques distinctes. Il y a d’abord le PP – le parti conservateur-, reste premier parti du pays mais subit un net recul et paie ses politiques d’austérité successives; le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier) ensuite ne provoque plus l’adhésion mais joue de la lassitude provoquée par le premier pour prendre le contrôle de certaines municipalités ; et les deux petits nouveaux confirment la mort du bipartisme en Espagne. Podemos, les indignés de la gauche radicale devenue troisième force politique, et Ciudadanos, le Podemos de droite, anti-corruption et fervent partisan de l’unité nationale espagnole.

Barcelone et Madrid aux mains de Podemos

©CC/Wikicommons

©CC/Wikicommons

Le symbole est d’autant plus fort que les deux plus grandes villes du pays, Madrid et Barcelone, ont toutes deux propulsé une des figures de Podemos à la tête de leurs mairie. La preuve du raz-le-bol porté depuis des mois par le leader de l’indignation, Pablo Iglésias. Reconnaissable entre mille, l’homme à la moustache et la queue de cheval est officiellement devenu une figure politique, une icone même, chez nos voisins ibériques.

Le PP perd-t-il la face ?

Mais il n’y avait pas uniquement les élections municipales dimanche soir. Les Espagnols étaient également appelés à voter pour définir les instances dirigeantes de 13 des 17 communautés autonomes (régions) que compte le pays.  Si le PP a remporté le scruté dans 9 régions, il a perdu toutes ses majorités absolues et est ainsi contraint de s’allier faire des alliances pour espérer gouverner. Un revers accueilli tant bien que mal par le PP dont le vice-secrétaire général, Carlos Furian, le vice-secrétaire général du PP,  a d’ores et déjà annoncé le soir même des résultats qu’ils exerceraient la « majorité avec humilité et conscients que cette législature sera celle du dialogue et des accords ». Cependant, avec qui le parti conservateur peut-il s’allier ? Le PP, historiquement fort électoralement, ne dispose que de rares alliés dans le paysage politique. Ciudadanos se présenterait comme la seule possibilité pour le parti de Mariano Rajoy qui conserve tout de même une certaine domination politique sur l’ensemble du territoire. Avec une perte de 10 % – soit 2.4 millions des suffrages- par rapport à 2011, le PP lorgne donc sur les 6.55% des voix obtenues par le jeune parti conservateur d’Albert Rivera.

Fier des résultats de son parti, ce dernier est dans une situation politique qui pourrait lui conférer plusieurs régions : il doit maintenant choisir s’il s’alliera à ceux qu’il a pourfendu pendant toute la campagne. Dans l’absence d’alliance, le PP perdrait la région de Madrid qu’il gouverne depuis vingt ans, mais aussi celles de Castilla-et-Léon, La Rioja ou Murcie. Enfin le PP a peu de chance de remporter les régions Valence, Aragon et Castilla La Mancha, qui dépendent de l’alliance de Podemos aux socialistes, malgré son arrivée en tête des suffrages.

Jeremy Pastor

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Jérémy Pastor

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