0

Elections présidentielles au Kenya, la peur de l’instabilité

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
image_pdfimage_print

Kenya's_Deputy_Prime_Minister_Uhuru_Kenyatta_addresses_Nyanza_Professionals Déjà retardés de plusieurs jours, les résultats des élections présidentielles se font toujours attendre.

Marqués par les violences qui ont éclaté lors des dernières élections en 2007, le pays craint un nouvel épisode de manifestations. Les soupçons de fraudes inquiètent particulièrement le peuple kenyan car elles sont la cause principale des derniers affrontements, sanglants. Uhuru Kenyatta semble être favori pour le moment face au premier ministre sortant Raila Odinga. Le président de la commission électorale nationale a reconnu les retards de transmission des résultats qu’il a attribués à des « problèmes techniques ».

Des antécédents macabres

Pourtant modèle de stabilité politique en Afrique, le pays connaît une grave crise politique fin 2007 qui manque de le faire basculer dans la guerre civile.

Cette année là, les élections qui avaient débuté dans un climat serein conduisent à la proclamation précipitée de la victoire de Mwai Kibaki. Ce résultat est très vite contesté par l’opposition surtout en raison de la lenteur du processus de dépouillement et des soupçons de fraudes. De violents affrontements éclatent alors entre les différentes ethnies du pays Kikuyu, Kalenjin et Luo. Bilan de ces émeutes : plus de 1 300 morts et 600 000 déplacés.

Répétition tragique ?

Aujourd’hui, le président M. Kibaki ne se représente pas mais une fois de plus les résultats tardent à arriver.

Attendu lundi dernier, le scrutin n’est toujours pas annoncé vendredi soir. Le dépouillement se prolonge ce qui ne fait qu’accroitre les tensions et les craintes au sein du pays.

Uhuru Kenyatta 51 ans et fils du premier président du Kenya bénéfice toujours d’une avance confortable sur son adversaire Raila Odinga 68 ans, actuel premier ministre. M. Kenyatta a réussi à repousser son procès à juillet. Il devait être, en effet, jugé en Avril devant la cour pénale internationale pour crime contre l’humanité.

En ce qui concerne Raila Odinga il se présente pour la troisième et sans doute dernière fois aux élections présidentielles du pays. Pour l’instant aucune violence notable n’a eu lieu mais le camp Odinga dénonce déjà des fraudes. Son colistier Kalonzo Musyoka a dénoncé lundi la falsification des résultats. : « Nous avons la preuve que les résultats que non recevons sont falsifiés » a-t-il déclaré sans pour autant appeler à manifester.

'The New US Administration: Can It Meet the Expectations of the World?' : Raila Amolo Odinga

M. Musyoka a également appelé à stopper le processus de dépouillement qu’il a qualifié comme « manquant d’intégrité ».

Les internautes suivent avec grand intérêt ces rumeurs de fraudes. Il a par exemple été constaté lors du procès verbal d’un bureau de vote dans la ville de Nyali où M. Odinga a largement la côte, qu’il y avait plus de votants (769) que d’inscrits (726).

Cette année les kenyans sont nombreux à s’être pressés dans les bureaux de vote.

Lundi, la participation au premier tour a été de 70% sur les 14,3 millions d’électeurs appelés à se prononcer pour ce premier tour de la présidentielle.

Au cas où aucun candidat ne dépasse la barre des 50%, un second tour aura lieu le 11 avril.

Si ces élections refont tomber le Kenya dans les violences cela risque de déstabiliser de pays et la région de manière durable. Déjà affaiblit en 2007 le pays avait réussi à se redresser tant bien que mal.

Le Kenya est depuis 2011 le deuxième bénéficiaire des investissements directs étrangers en Afrique derrière l’Afrique du Sud et dépasse le Nigéria. C’est un pays moteur dans la région de l’est de l’Afrique. Le Kenya s’investit beaucoup notamment en Somalie et au Soudan. Une instabilité politique aurait des conséquences désastreuses pour ces pays déjà en grande difficultés.

Pour le moment aucune violence n’a éclaté mais les Kenyans restent attentifs à la suite des événements.

Le président de la commission Ahmed Issack Hassan a déclaré que le décompte ne serait pas interrompu assurant « qu’il n’y a pas moyen de trafiquer les résultats ».

Une affirmation qui ne convainc pas l’ensemble du pays. Les résultats devraient être prononcés ce lundi.

Par Caroline Bensoussan

carolinebensoussan@theyoungreport.fr

Partagez cet article :
RSS
Facebook0
Facebook
LinkedIn
Pinterest
0
↑ Back to top

Jérémy Pastor

View all post →