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Dettes souveraines, déficits : l’hypocrisie d’une solution par la croissance !

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Depuis la signature du traité de Maastricht en 1992, les pays membres de l’Union Européenne sont assujettis à une règle qui fixe des limites d’endettements des Etats. Face à cette règle, nombreux sont les dirigeants qui veulent lutter contre l’austérité par la croissance. Une stratégie qui ne réduira pas pour autant l’endettement du pays. Explications.

60% et 3%. Telles sont les deux valeurs qui définissent les relations, parfois tumultueuses, entre les Etats membres de l’Union Européenne et la Commission, instance dirigeante de l’Union. En effet depuis la signature du traité de Maastricht en 1992, les pays de l’Union Européenne doivent suivre des directives budgétaires : la dette publique ne doit pas dépasser 60% de la richesse produite par le pays (le produit intérieur brut, PIB) et le déficit public –l’écart entre les dépenses et les recettes de l’Etat doit être inférieur à 3% du PIB. La rigueur est donc de mise pour la majorité des Etats de l’UE, à l’exception de l’Allemagne, à l’origine de cette règle.

Un marchandage économique

Et pour cause, cette règle budgétaire a bien été créée à la demande des Allemands lors de l’élaboration du traité et ce, en échange de l’abandon, pour l’euro, du mark à la demande de… François Mitterrand. Lors de la réunification de l’Allemagne, le président français craint le renouveau économique allemand et de sa monnaie. François Mitterrand propose la création de la monnaie unique –l’euro- afin d’être sûr que le Mark ne volera pas la vedette au Franc. Une demande que les Allemands ont accepté en échange de la fameuse règle budgétaire. Et la crise de la dette fût Face à l’explosion des dettes souveraines, après la crise financière de 2008 et les nombreux sauvetages des banques réalisés par les Etats, la règle budgétaire revient sur le devant de la scène dès 2011 pour de nombreux pays. Grèce, Italie, Portugal, Espagne, France, tous sont concernés et doivent appliquer des cures d’austérités pour assainir leurs finances. De la baisse des du nombres de fonctionnaires, au gel des retraites et des salaires en passant par la suppression de nombreuses aides sociales et investissements, tout passe à la trappe avec pour seuls objectifs 60% de dette et 3% de déficit.  

L’illusion de la croissance

Dans le but d’être élus, nombreux sont les dirigeants de l’opposition à miser sur la croissance pour réduire l’austérité et redresser le pays. François Hollande en 2012, François Fillon et  Marine Le Pen aujourd’hui. Sauf que cette stratégie ne réduira pas pour autant l’endettement et le déficit du pays. En effet, pour que la Commission Européenne soit contente, il faut que la dette du pays soit inférieure à 60% du PIB et le déficit en-deçà de 3% du PIB. Or, en misant sur la croissance, la richesse du pays augmente et donc le pourcentage de dette et de déficit diminue sans pour autant que la somme réelle de cette dette et de ce déficit n’aient diminué. Ainsi la valeur de la dette ne baisse pas malgré la baisse du pourcentage.

Régler les problèmes budgétaires de notre pays par la croissance serait donc une utopie à n’en juger que par l’importance de la dette française. En 2014, celle-ci s’élevait à 2037 milliards d’euros, soit 95% du PIB.

Jérémy Pastor

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