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Coupe du Monde 2014 : Allemagne-Argentine pour terminer en beauté

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L’Allemagne et l’Argentine s’affrontent ce dimanche 13 juillet au Maracanã pour la finale de la Coupe du Monde 2014. Cette confrontation, fréquente depuis les trente dernières années, promet une belle opposition entre la force collective de l’Allemagne et l’Argentine hargneuse de Lionel Messi.

 

Finales Allemagne-Argentine : un partout

En six affrontements en Coupe du Monde, l’Argentine ne s’est imposée qu’une seule fois face à l’Allemagne. En 1986, emmenée par un Diego Maradona au sommet de son art, l’Argentine est sacrée championne du monde à l’issue d’une victoire trois buts à deux en finale face aux Allemands. Quatre ans plus tard, en Italie, les deux finalistes s’affrontent au même stade de la compétition. Ce match est marqué par les sifflets qui descendent du stade olympique de Rome lors de l’hymne argentin, sifflets auxquels Diego Maradona répond « hijos de puta » (voir vidéo ci-dessus). La victoire finale de l’Allemagne, 1-0 sur un pénalty de Brehme à cinq minutes de la fin, met fin à la Coupe du Monde la moins prolifique de l’histoire (2,21 buts par match).L’Allemagne, championne du monde en 1954, 1974 et 1990, a également battu l’Argentine, vainqueur en 1978 et 1986, lors de leurs deux dernières confrontations en Coupe du Monde (au stade des quarts de finale, aux tirs aux buts en 2006 et 4-0 en 2010).

L’Allemagne : la force collective de l’expérience

Depuis 2006, l’Allemagne s’est qualifiée pour les demi-finales de tous les grands championnats (demi-finales aux Mondiaux 2006 et 2010, finale à l’Euro 2008 et demi-finale à l’Euro 2012). L’ossature de l’équipe est la même depuis plusieurs années et Joachim Löw, sélectionneur de la Mannschaft, est en place depuis 2006. La régularité et la progression logiques de l’équipe allemande laissent à penser qu’il est temps pour cette génération d’être couronnée. La maîtrise dont elle fait preuve (gestion du score face à la France sans jamais vraiment être inquiétée) et le jeu qu’elle développe (de nombreuses occasions face à l’Algérie et la démonstration face au Brésil) sont deux arguments qui peuvent conforter les supporters allemands : leur équipe est armée pour gagner cette finale.

Joachim Löw, sélectionneur de l'Allemagne depuis 2006 - (AFP)

Joachim Löw, sélectionneur de l’Allemagne depuis 2006 – (AFP)

 

Le facteur Messi et la gnaque argentine

De leur côté, les Argentins étaient très attendus avant le Mondial, notamment avec leur armada offensive (Messi, Higuain, Lavezzi, Agüero). Jusqu’à présent, ils n’ont pas impressionné par leur jeu mais plutôt par leur solidité et leur solidarité. En effet, l’équipe d’Argentine n’a pas encaissé le moindre but depuis le début de la phase à élimination directe. Javier Mascherano, en tant que milieu défensif, réalise un très bon Mondial et il donne un supplément d’âme à ses équipiers.

En plus de sa solidité, l’Argentine peut également faire valoir les performances de Lionel Messi dans cette Coupe du Monde. Il a été décisif dans la phase de poules en marquant quatre buts en trois matchs et aussi en délivrant la passe décisive sur le but victorieux d’Angel Di Maria en huitièmes de finale face à la Suisse. Si de nombreux spécialistes doutent de l’efficacité de Messi en sélection, un article de FiveThirtyEight expose la donnée suivante : depuis 2010, Lionel Messi marque 0.9 buts par match avec la sélection argentine. En se fiant aux chiffres et puisque Messi n’a pas marqué en demi-finale, il est probable qu’il marque demain soir et on connaît l’importance d’un but marqué en finale de Coupe du Monde.

 

Javier Mascherano soulagé après la qualification en finale - (AP Photo)

Javier Mascherano soulagé après la qualification en finale – (AP Photo)

 

Une opposition tactique intéressante 

Cette confrontation est également le match entre deux sélectionneurs qui ont su prendre des décisions tactiques importantes au cours de ce Mondial. Sabella a vite reconfiguré son onze de départ en 4-3-3 après avoir vu une laborieuse équipe d’Argentine en 3-5-2 face à la Bosnie. Depuis les huitièmes de finale, le repositionnement de Lionel Messi et la défense à quatre – dans un 4-4-2 – donnent plus de stabilité et de cohérence à la sélection albiceleste. S’il a bien été contenu face aux Pays-Bas, Lionel Messi permet tout de même de libérer des espaces pour ses coéquipiers et un retour d’Angel Di Maria, blessé contre les Pays-Bas, serait déterminant au regard de l’animation du jeu argentin.

Sur le banc adverse, Joachim Löw a également pris quelques décisions courageuses. En effet, la titularisation de Miroslav Klose contre la France, combinée au retour de Philipp Lahm au poste de latéral droit a surpris quelques spécialistes. Si Antoine Griezmann a paru moins décisif face à l’Allemagne, c’est aussi car il était opposé à l’un des meilleurs latéraux du monde.

Au regard de ces nombreuses décisions tactiques prises par Sabella et Löw au cours du tournoi, il sera intéressant de scruter les surprises sur la feuille de match. Le staff allemand pourrait opter pour un marquage individuel sur Lionel Messi ou alors Alejandro Sabella, pour son dernier match à la tête de la sélection argentine, pourrait reconfigurer son milieu de terrain suite à la belle partie d’Enzo Pérez face aux Néerlandais.

La force collective de l’Allemagne, le génie de Lionel Messi et les choix tactiques de Löw et Sabella sont des facteurs qui promettent une finale au résultat imprévisible. Le niveau de cette finale permettra peut-être ainsi de trancher sur la question beaucoup posée ces derniers temps : la Coupe du Monde 2014 – spectaculaire en phase de poules mais dont le rythme s’est essoufflé depuis la phase à élimination directe – est-elle la plus belle de l’Histoire ?

Florian Perrier

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Clemence Pouletty

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