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Chômage en Europe : entre cauchemar et réalité

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800px-2010-2011_Greek_protests_collageAprès un 23ème mois de hausse consécutive, il n’y a jamais eu autant de chômeurs en France. Avec 3,224 millions de demandeurs d’emploi, le record de 1997 est désormais battu. Avec un taux de 10,3% de chômage, la France se rapproche dangereusement du taux de chômage de l’Union Européenne, établi à 12%, en février. La situation en Europe est-elle pire que celle que nous connaissons  ? Existe-t-il des états aux antipodes de la crise ? 

L’Espagne  totalise 27 % de chômeurs parmi la population active, talonnant la Grèce qui en compte 27,2%. Plus de la moitié des jeunes actifs sont au chômage. Ce sont les deux pays les plus touchés par la crise en Europe, suivis par le Portugal (17,5%) et la Croatie (15,8%). Ces chiffres sont à relativiser puisque nombre d’entre eux travaillent au noir. Mais c’est paradoxalement aussi l’une des causes de la montée du chômage dans ces pays. Ainsi, cette « économie souterraine » a esquivé le fisc en ne déclarant pas son travail, les recettes fiscales ont donc chuté. L’Etat ne peut plus assurer son rôle envers les entreprises nationales, appauvri par une politique d’austérité. Ne bénéficiant plus d’allocations fournies par l’Etat, les entreprises sont contraintes de supprimer des emplois trop coûteux, pour pouvoir continuer à faire des bénéfices. 

Il existe cependant un net contraste entre le Nord et le Sud de l’Europe, puisque la périphérie de l’Allemagne est très peu touchée par le chômage. Pour Angela Merkel, ce chômage est du au salaire trop élevé, qui freine les entreprises à embaucher. Et pour cause, le salaire minimum (SMIC) n’existe pas en Allemagne, la première puissance économique européenne enregistre un taux de 5,4% de chômeurs seulement. Au Danemark, il existe une situation de quasi-plein-emploi (seulement 3,5% de chômeurs), qui s’explique notamment grâce à leur politique de flexisécurité : une grande liberté dans les flux du travail, mais plus de facilité pour retrouver un emploi. Les difficultés qu’ont les entreprises à licencier sont de véritables obstacles à l’emploi. Toujours dans le bassin germain, les Pays-Bas et l’Autriche battent des records d’emploi, avec des taux de chômage respectifs de 6,4 et 4,8%.

Quelles conséquences pour l’Europe ? 

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Manifestation des indignés à la place Puerta del Sol (Madrid)

Le chômage conduit inévitablement les pays les plus touchés à manifester avec colère contre les politiques d’austérité prises par les gouvernements européens. La rue exprime violemment son désaccord dans la plupart des villes espagnoles, portugaises et grecques. La popularité des partis contestataires gonfle à vue d’œil. C’est le cas en Italie avec Beppe Grillo, leader du Movimento Cinque Stelle, un parti populiste « ni de gauche, ni de droite », qui prône un antipartisme  pour changer radicalement la société. Cependant, les partis extrémistes prennent également un certain pouvoir : des idéologies que l’on aurait aimé ne plus jamais revoir, refont surface. « Aube Dorée », cinquième parti de Grèce et d’idéologie néo-nazie, occupe 18 sièges sur 300, au Parlement Grec. 

Les autres conséquences du chômage sont multiples, d’un point de vue social, l’exclusion, la délinquance, la dépendance aux drogues et la dépression (sentiment d’inutilité) sont de mises, ce qui confirme la hausse manifeste des suicides. D’un point de vue économique, sans argent à dépenser, le chômeur ne contribue pas à favoriser l’activité économique, le pays entre alors dans le cercle vicieux de la récession, qui va créer continuellement du chômage, donc plus de récession économique.   

Quelles solutions pour enrayer le chômage ?

Comme le disait Mme Merkel, la suppression ou la baisse du SMIC peut être une sortie de crise. Le but d’une entreprise est de générer du profit. Les salaires représentent une partie des coûts et dépenses que l’on ôte du chiffre d’affaire pour réaliser le profit. Si l’entreprise est en crise, la baisse du salaire minimum comblera le déficit des entreprises. Elles ne seront donc pas forcées de licencier.  Les libéraux envisagent également la baisse des cotisations sociales (le reste des charges de l’entreprise) mais aussi la hausse du nombre d’heures minimales.Un mal pour un bien ? Toutes ces mesures réduiront le pouvoir d’achat des ménages et par ce biais, la croissance. 

Car ce que l’on oublie souvent de dire, c’est que l’emploi ne va pas sans la croissance. Or, si les pays européens continuent d’appliquer une politique d’austérité budgétaire, les dépenses publiques seront faibles et ne contribueront pas à relancer la demande, pour permettre la croissance.

Les états européens vivent dans un éternel casse-tête, où chaque décision conduit inévitablement à créer un autre problème. Dans ce cercle vicieux, seuls les partis extrémistes grandissent et s’affermissent. 

Par Jérôme Wysocki
jeromewysocki@theyoungreport.fr

Données : Eurostat

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