Le pape prône la paix entre les Corées


Le pape François a été accueilli par la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye  (Photo : Casa Rosada, Wikipedia)

Le pape François a été accueilli par la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye (Photo : Casa Rosada, Wikipedia)

Arrivé ce matin à Séoul , le pape François entame ce jeudi une visite de la Corée du Sud de quatre jours. La Corée du Nord ne perçoit pas cette venue  d’un bon œil.

La Corée n’avait pas vu de pape depuis Jean-Paul II, en 1989. Pour son troisième voyage depuis la prise de fonction en mars 2013, François a décidé de s’adresser à toute l’Asie, venu lui parler de son avenir. La Corée du Sud n’a pas été choisie par hasard, puisqu’un conflit l’oppose à la Corée du Nord depuis 1950. Malgré l’armistice qui mit fin à la guerre de Corée en 1953, les tensions ont toujours été palpables. Jusqu’à dimanche, c’est donc un message de paix que le souverain pontife prêchera, entre messes, rencontres et déjeuners. Il a d’ores et déjà incité les deux rivaux à remplacer « les déploiements de force » par le dialogue et le pardon.

Béats

Un appel d’apaisement qui ne semble pas avoir été apprécié de l’autre côté de la frontière, puisque la venue du pape a été accueillie par trois tirs de missiles dans la mer, de la part de Pyongyang. Si le christianisme est officiellement autorisé en Corée du Nord, ses catholiques n’ont pas eu droit de rencontrer le souverain pontife. Alors qu’au Sud, le catholicisme est pratiqué par près de 11% de la population (derrière le bouddhisme et le protestantisme notamment), le pape François va prochainement béatifier les cent vingt-quatre premiers martyrs chrétiens de Corée.




Tiananmen : 25 ans après


Les forces de l’orde et membres des services de sécurité étaient présents ce mercredi place Tianamnen à Pékin pour empêcher toute tentative de commémoration 25 ans après la répression.

C’était il y a 25 ans, l’évènement que le monde appel « le massacre de la place Tian’anmen » se déroulait dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 faisant des centaines, voire des milliers de morts, un bilan incertain puisqu’aucun officiel n’est paru. Tout les cinq ou dix ans, policiers, militaires et services de sécurité en civil se mobilisent pour lutter contre les tentatives de commémoration de cette répression meurtrière. Ajouter à cela des fouilles de touristes, contrôles d’identité et interdictions d’accès aux journalistes étrangers.

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La prévention avant tout

A l’approche de cette date mémorable du 4 juin, de nombreuses personnes ont fait l’objet d’attention plus particulières. Ainsi, plus de soixante six personnes ont provisoirement été exclues de la capitale, placées en détention ou en résidence surveillée, provoquant la colère de quelques deux cents intellectuels, qui se sont manifestés à travers deux lettre ouvertes.

La censure, un mot d’ordre pour les autorité de Pékin, sur cet évènement qui a traumatisé la population et est quasiment rayée de la mémoire nationale Chinoise. Une attitude que les Etats Unis n’accepte pas. Apres avoir demandé à la Chine de libérer les militants emprisonnés avant l’anniversaire, la porte parole d’Etat Marie Harf a souligné la nécessité pour ce pays en plein développement, d’accorder plus de place au dialogue politique.

Tandis que la censure est chaque cinq et dix ans plus sévère à Pékin, 200 000 étaient cependant attendues à Hong Kong pour une veillée commémorative, bien que colonie britannique au moment des faits et ce, jusqu’en 1997.

Axelle Florentin




La crise en Thaïlande : explications


La Thaïlande est dans une situation alarmante après le coup d’Etat qui a secoué le pays hier. TheYoungReport.fr fait le point sur la crise en Thaïlande. Des chemises jaunes aux chemises rouges en passant par l’armée, la Thaïlande attisent toutes les convoitises.

Jatuporn Prompan, chef de fil des chemises rouges (@Wikipédia)

Jatuporn Prompan, chef de fil des chemises rouges (@Wikipédia)

La Thaïlande se réveille aujourd’hui dans un grand désordre, entre un pouvoir qui a changé de mains et des conflits entre les chemises jaunes et les chemises rouges à son paroxysme. Eclaircissements.

Qui sont les chemises jaunes?

Les chemises jaunes sont des conservateurs pro-royalistes appartenant aux clades aisées de la population vivant à Bangkok et au Sud du pays. Ils voulaient le départ de Yingluck Shinawatra, la première ministre élue en 2011 et soeur de Thaksin Shinawatra chef du gouvernement de 2001 à 2006 profondément détestée par les élites.

Et les chemises rouges?

Les chemises rouges représentent l’autre partie du peuple, c’est à dire le nord et nord-est de la Thaïlande. Eux, exigeaient un « conseil du peuple » à la place du gouvernement actuel. Pour faire évoluer rapidement la situation, Jatuporn Prompan (le chef des rouges) avait organisé une manifestations à Bangkok en demandant le respect du fonctionnement démocratique des institutions.

Deux points de vus différents opposent les chemises rouges et jaunes.

Peut-on parler de succès des chemises jaunes avec le coup d’Etat?

A priori, oui. Le coup d’Etat de l’armée est en quelque sorte une victoire pour les chemises jaunes. Effectivement, leurs souhaits a été exaucé avec le départ de Yingluck Shinawatra du pouvoir. Un désordre synonyme de victoire donc pour les chemises jaunes qui souhaitent une clarification de la situation de la part du Roi. Surtout que les pro-Thaksin ne contrôlent plus rien.

L’armée avait-elle prévue le coup d’Etat? 

« L’armée a probablement fait des propositions aux deux camps, avec, éventuellement, la nomination d’un gouvernement neutre. Le gouvernement intérimaire ayant refusé de démissionner, les discussions ont échoué « , déclare Saksith Saiyasombut, journaliste indépendant thaïlandais. Voilà une déclaration qui résume parfaitement la position de l’armée face à la situation du pays. Un passage à l’acte nécessaire tant les négociations des chemises rouges et des chemises jaunes étaient au poids mort.

Le Roi devrait sans doute se mêler à la situation tant elle est difficile. Les prochains jours vont être décisifs pour la Thaïlande. 

Alexandre Gozzi




La Thaïlande en pleine crise politique


Depuis le renversement de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra en 2006, la Thaïlande est régulièrement secouée par des manifestations d’opposants. Les élections législatives ont eu lieu le week end dernier mais il faudra plusieurs semaines avant d’en connaître les résultats. La paralysie politique s’installe dans le pays.

Yingluck Shinawatra, l'actuel première ministre de la Thaïlande

Yingluck Shinawatra, l’actuel première ministre de la Thaïlande

 Les élections « incomplètes » de dimanche dernier ont ouvert un nouveau chapitre d’incertitude et plongé la Thaïlande dans la paralysie politique. Si les résultats ne seront connus que dans plusieurs semaines; le simple fait que ces législatives anticipées aient pu se tenir reste une petite victoire pour cette démocratie fragilisée. Depuis plusieurs semaines, les opposants au pouvoir manifestent pour obtenir la démission de la Première ministre, Yingluck Shinawatra  et, au-delà, démanteler ce qu’ils appellent le « système Thaksin », du nom du frère aîné de la chef de gouvernement. Celui-ci fut aussi Premier ministre, entre 2001 et 2006, avant d’être renversé par un coup d’État militaire. Il est accusé par ses adversaires d’avoir mis sur pied un système de corruption généralisée dont l’actuel gouvernement serait l’héritier. Thaksin Shinawatra est également soupçonné de manipuler sa sœur et d’être le véritable Premier ministre. Ses opposants en veulent pour preuve que le parti de Yingluck, le Phue Thai, a tenté de faire passer en novembre 2013 une loi d’amnistie au Parlement, qui aurait eu pour conséquence d’acquitter Thaksin des accusations pesant sur lui. C’est d’ailleurs la tentative de faire passer cette loi, -rapidement abandonnée-, qui a cristallisé la colère des classes moyennes et supérieures.

 Des élections inutiles qui continuent de paralyser le pays

Les élections ne seront pas suffisantes selon les opposants.Le boycott des législatives était une évidence. Bulletins et urnes avaient été bloqués en amont par les manifestants. Face à ces perturbations exceptionnelles, les résultats pourraient prendre beaucoup de temps avant d’être publiés. Même s’ils l’étaient rapidement, le Parlement ne pourrait de toute façon pas se réunir faute d’un quorum de 95% des 500 députés. Le gouvernement ne peut donc prendre aucune décision importante durant cet intervalle. Et sans nouveau mandat clair, la situation sera «intenable» pour Yingluck. Si les partis pro-Thaksin ont gagné toutes les législatives depuis 2001, ils ont été tour à tour chassés du pouvoir par des coups d’Etat, militaire en 2006 et judiciaire en 2008.Pour les analystes, obtenir une répétition de cette histoire est l’objectif principal des manifestants. Ces derniers sont une alliance entre les élites de Bangkok, les ultra-royalistes et les habitants du sud.

 La justice comme solution

Les "chemises rouges" lors des manifestations de 2010

Les « chemises rouges » lors des manifestations de 2010

La première étape serait une annulation des élections par la justice, comme en 2006, avant une destitution de Yingluck. Elle fait en effet l’objet d’une enquête de la puissante commission anti-corruption pour un programme controversé d’aide aux riziculteurs. Et des dizaines d’élus du parti Puea Thai au pouvoir, et également candidats aux législatives, sont sous la menace de cinq ans d’interdiction de vie politique en raison d’une tentative ratée d’amender la Constitution. En cas de coup d’État, judiciaire ou militaire, le pays s’exposerait à une vive réplique des «chemises rouges» pro-Thaksin et plus largement, d’autres partisans de la démocratie. Lors du dernier grand mouvement, en 2010, les «rouges», qui sont jusqu’ici restés à l’écart de cette crise, avaient été délogés par l’armée du centre de Bangkok où ils réclamaient la démission du gouvernement de l’époque. Le bilan avait été de plus de 90 morts. Espérons pour la Thaïlande que la justice sera faire son travail pour éviter une nouvelle vague de violence dans le pays.

Jérémy Becam

 




Négociations de Genève, épisode III : L’Iran proche du but ?


conférence genèveAprès 2 jours de négociations laborieuses à Genève, l’Iran a finalement obtenu un accord préliminaire pour le nucléaire. Un petit pas diplomatique pour les pays européens mais un grand pas pour Téhéran. Mais que cela signifie-t-il ?

Après les journées du 23 et 24 novembre, un accord  « historique » a été unanimement salué dans le monde entier. Obama semble avoir sa petite victoire diplomatique, Fabius était mal à l’aise. Pendant que la France copinait avec Israël, elle  ne s’attendait pas à ce que l’Iran obtienne une avancée. Serguey Lavrov, ministre russe des affaires étrangères  apporte son avis : «Compte tenu des circonstances, il n’y a pas de perdants dans cet accord, tous les côtés sont gagnants». Pour Israël et quelques pays arabes, c’est la même rengaine. Le ministre israélien de l’Economie, Naftali Bennett  a d’ailleurs annoncé : «Si dans cinq ans, une mallette nucléaire explose à New York ou Madrid, ce sera à cause de l’accord signé à Genève. »  Certains diront qu’il pensait plus à Tel-Aviv que les villes citées. Les réactions sont à la hauteur des négociations : vagues et mitigées.

L’Uranium, Saint –Graal de l’Iran

Cet accord, qui a une durée limitée de 6 mois, stipule que l’Iran ne doit pas enrichir son uranium au-delà  5%. Ce qui permet de neutraliser son stock d’uranium ayant déjà été enrichi à 20%. Les sanctions économiques seront levées pendant cette période. L’économie iranienne pourra enfin respirer. Son ambition du nucléaire ne pourra que croître. Le saint Graal de l’Iran étant l’Uranium. Néanmoins, les limites des accords de Genève ralentissent la volonté de Téhéran d’accéder au nucléaire civil et militaire.

L’Uranium se trouve essentiellement dans les océans et dans les mines à ciels ouverts. Les U-235 et U-238 sont les deux isotopes  permettant la fabrication du nucléaire civil et des bombes atomiques. Parmi ces deux isotopes, l’U-235 est le plus rare et le plus recherché. Sa combustion est utilisée pour l’électricité et l’arme atomique. Quant à l’U-238, son noyau se transforme en plutonium-239, autre base de l’arme nucléaire. Pour fabriquer  la bombe atomique, ces isotopes doivent être enrichis à 80-90%. L’Iran en est à 20%. Insuffisant pour du nucléaire militaire mais proche pour le civil.

Un pas minuscule pour les pays négociateurs mais un grand pour l’Iran

Les usines iraniennes tournent à plein régime. La centrale de Qom a fait l’objet d’une visite de l’Agence Internationale de l’énergie Atomique. Rien à signaler. Le réacteur nucléaire d’Arak pourrait fabriquer des armes au plutonium. Un fait assez troublant : les autorités iraniennes n’ont jamais accepté la visite de la base militaire de Parchin. Aussi bien sous Ahmadinejad que Rohani. Le territoire pourra mettre à profit  ses autres sources  d’approvisionnements potentiels comme le Kazakhstan (le 2ème plus grand extracteur d’uranium), la Mer Caspienne, et fort peu probable la mer d’Arabie et le Pakistan.

L’Iran n’a jamais refréné sa volonté de l’arme atomique.  L’accord passé à  Genève s’est effectué en lien avec ce facteur. Néanmoins, il offre l’occasion d’instaurer un climat géopolitique convenable. Chose qui n’était pas arrivée depuis 40 ans. C’est peut être un pas minuscule pour les pays négociateurs mais c’est surtout un grand pas pour l’Iran.

Par Jeanick Lubanza




Seuls contre tous


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Intervenir ou ne pas intervenir ? Depuis quelques semaines et la fameuse attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas conduite par le régime de Bacher El Assad qui a fait plusieurs centaines de morts, la question est posée sur la table. Comme on le sait, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni s’étaient engagés à intervenir pour mettre fin à ce qu’ils ont qualifié de « crime contre l’humanité« . Barack Obama a souhaité demander l’avis du Congrès qui se réunira lundi pour voter, le Parlement britannique a décidé de s’opposer à une éventuelle intervention sur le territoire syrien et la France a organisé un débat à l’Assemblée mercredi, tout en restant attentiste à la décision américaine. Comme on le sait également, la Russie et la Chine ont apposé leur véto lors d’une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies le 28 aout dernier,  sans surprise. Alors qu’une enquête interne a été réalisée par l’ONU dont les résultats devraient être connus très prochainement, le G20 qui s’est ouvert hier à Saint-Petersburg a forcément vu le cas syrien arriver sur la table des discussions entre les 20 chefs d’Etats les plus puissants du monde et à la surprise générale, Vladimir Poutine avait décidé de mettre le dossier à l’agenda. Les différents gouvernements ont exposé leur position. L’occasion d’un tour d’horizon.

Punir sans intervenir

Barack Obama et les partisans d’une intervention en Syrie à la suite de la première agression de masse à l’arme chimique depuis l’Irak en mars 1988 sont unanimes. La « ligne rouge » a été franchie une fois de trop et il faut désormais punir Bacher El Assad, et le pouvoir en place en Syrie reconnu responsable de l’attaque du 21 aout. Ce qui est ressorti vivement du dossier syrien lors de ce G20 c’est la politique de la non-intervention sur le terrain que soutien l’intégralité de l’Amérique du Sud, l’Inde ou encore l’Indonésie.

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Arrivé fin août au poste de Ministre des affaires étrangères, le Brésilien Luiz Alberto Figueireido n’a pas changé de la vision de son prédécesseur qui s’était positionné sur la décision de l’ONU, qui reste le pouvoir de décision numéro un. Le Brésil, comme l’Argentine ou encore le Mexique, soutiennent que l’attaque est jugée « intolérable » et doit être « combattue » mais intervenir reste dangereux, surtout dans le soutien à l’opposition devenue à majorité composée d’islamistes radicaux.

De son côté, l’Inde a réitéré sa position selon laquelle il n’y aurait « aucune solution militaire au conflit« , le risque d’embrasement de la région étant bien réel. Un recours politique « inclusif » concernant le pouvoir en place et l’opposition syrienne serait selon New Dehli la meilleure solution, tout en réaffirmant qu’une position claire serait définie lorsque l’ONU aura délivré les résultats de son enquête. Secret pour personne, l’Inde reste allergique à l’unilatéralisme américain et les Nations Unies demeurent la seule solution gouvernementale en cas de conflits.

Ankara réaffirme sa position

Pour autant, la Turquie a réaffirmé son désir d’intervention non seulement pour punir, mais surtout renverser le régime en place. Depuis le début du conflit, Ankara possède un rôle central dans le conflit syrien tout comme Riyad (Arabie Saoudite) qui envoie des armes à l’opposition confortant sa position anti-Assad.

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Une chose est sure, le cas syrien concerne tout le monde et surtout inquiète tous les peuples. Le pape François a même rédigé une lettre à l’attention de Vladimir Poutine, le président du G20, pour le presser de ne pas intervenir dans le conflit et de convaincre les 20 chefs d’Etats d’arrêter de « rechercher une solution militaire vaine au conflit« . Près de deux semaines après l’attentat chimique de la plaine de la Ghouta, aucune solution claire ne semble se dessiner même si la majorité des pays se sont positionnés sur une non-intervention. En cas de soutien militaire et de frappes, Américains et Français risqueraient de se retrouver bien seuls et le bourbier syrien est piégeux à bien des critères.

Maxime Brigand
maximebrigand@theyoungreport.fr




Pakistan : Nouveau frein pour l’affaire Benazir Bhutto


Alors que l’enquête sur le meurtre de la leader du parti du peuple pakistanais (PPP) était au ralentie, le procureur chargé de l’affaire a été assassiné. Un énième meurtre qui ne fera que retarder les recherches. 

©google image

Le flou persiste sur l’affaire quant à l’influence de groupes plus importants. ©google image

17, c’est le nombre de balles reçues par Chaudhry Zulfikar Ali, ce vendredi 3 mai, alors qu’il était en route pour une audience au tribunal de Rawalpindi concernant l’affaire Benazir Bhutto, l’ex-Première ministre pakistanaise assassinée en décembre 2007.

Ce procureur en charge de cette affaire colossale, qui est toujours au point mort au grand dam des pakistanais, s’est retrouvé face à une moto sur laquelle plusieurs individus ont ouvert le feu. Un énième ralentissement dans cette affaire qui semble être dans une impasse et ce, depuis le début. Un manque d’informations ou une volonté de dissimuler une quelconque vérité ? Un questionnement réel, quand on sait qu’il n’y a jamais eu d’autopsie concernant l’ancienne dame politique diplômée d’Harvard et Oxford. Mais aussi et surtout le nettoyage de la scène de crime avant même que les enquêteurs aient fait leur travail, entraînant la destruction massive de preuves.

Six ans après les faits l’enquête n’a toujours pas avancé, le gouvernement n’aura divulgué que le nom du kamikaze coupable du meurtre de Benazir Bhutto et de vingt autre personnes. Surnommé Saeed, Bilal était un adolescent pachtoune âgé de seulement quinze ans au moment des faits. Armé, il avait tiré trois coups de feu alors qu’il n’était qu’à quelques mètres avant  de déclencher sa ceinture d’explosifs. Apparemment lié à une cellule terroriste nommée Tehrik-e Taliban Pakistan qui se situe à la frontière de l’Afghanistan, le flou persiste sur l’affaire quant à l’implication de groupes supérieurs.

Pervez Musharraf davantage suspecté

De nombreuses pistes non négligeables sont à explorer à propos de l’assassinat du procureur Zulfikar. Il n’était pas à l’abri d’une vengeance étant donné son statut directement lié à la justice.  Cette élimination pure et simple de l’élément fort qu’il était vis-à-vis de l’enquête en cours serait l’explication la plus probable de son meurtre. Le procureur était par ailleurs chargé de dossiers sensibles comme les attentats de Bombay de 2008 qui a causé la mort de 172 personnes.

Alors que Pervez Musharraf , alors président du Pakistan avait dénoncé les talibans comme blâmables, les accusations à son encontre ont été très importantes. Et pour cause, les pro-Bhutto avaient pointé une sécurité négligée, remettant directement en cause la légitimité du président. Huit mois plus tard il se retrouve ainsi contraint de démissionner. Sur la sellette, il décide de s’exiler le temps de se faire oublier de la justice. Il retardera son retour dans son pays natal jusqu’au 23 mars dernier, date à laquelle il est revenu avec pour objectif, les prochaines élections législatives. Toutefois sa volonté de revenir en politique n’a pas suffit à le rendre transparent puisque les autorités l’ont récemment arrêté et placé en résidence surveillée dans la capitale.

« La revanche n’est pas le chemin à suivre pour faire avancer la démocratie » a dit Ashfaq Kayani, successeur de Pervez Musharraf à la tête de l’armée, alors que les prochaines élections auront lieu ce samedi.

Mais qui est Pervez Musharraf ?

Pervez_Musharraf_2004

©CC Wikicommons

Né le 11 août 1943 à Delhi, Pervez Musharraf a été président du Pakistan à la suite d’un coup d’état –non violent- et a obtenu la présidence du pays de 1988 à 2008, soit près de vingt ans. Pour autant, l’homme politique est selon l’administration officiellement président à partir de 2001. Initialement militaire, il a gravi les échelons au fil des années. Durant ses mandants il a prôné la lutte contre le terrorisme mais en décembre 2007 la première ministre Benazir Bhutto décède des suites de ses blessures après un attentat à la sortie d’un meeting. Musharraf accuse les talibans mais la population le tiendra pour responsable de l’insécurité de sa partenaire. Face à cette crise politique il installera trois jours de deuil national. Deux mois plus tard son parti politique, La ligue musulmane de tout le Pakistan, perd les législatives. En août une motion de destitution est levée contre lui par les partis de coalitions, il n’aura d’autres choix que de démissionner la semaine suivante. Voyant la justice mettre en cause sa responsabilité face à l’affaire Bhutto, il est contraint de partir en exil. Des Emirats jusqu’en Angleterre, il retardera plusieurs fois son retour au Pakistan jusqu’en mars 2013 où il finira par être arrêté par les autorités alors qu’il était revenu pour les législatives de mai.

Par Merwane Mehadji

 




Législatives au Pakistan : Les électeurs ne savent plus quoi penser…


ville pakistan

© Facebook

Terrorisme, chômage, insécurité, pénuries d’énergie… le Pakistan traverse en ce moment une phase difficile. Les 86 millions d’électeurs se sentent perdus face à des candidats qui promettent la lune dans le but de se faire élire. L’idée d’un régime dirigé par la charia ou bien l’instauration d’une dictature séduit de plus en plus de pakistanais, en particulier la jeunesse qui représente 63% de la population.

Prévue pour le 11 mais 2013, les élections législatives pakistanaises se préparent dans une atmosphère tendue. Plusieurs violences ont déjà  éclatées entre différents partis faisant des dizaines de morts.

La campagne électorale a  de  plus en plus des allure de foire ou de marché au puce. C’est à qui saura se vendre le mieux,  quitte à promettre tout et n’importe quoi. Certain candidats comme, Nawaz Sharif ( dirigeant de la ligue musulmane pakistanaise) ont réponse à tout. Pour lui résoudre la question du chômage des jeunes est un jeu d’enfant. «  Nous accorderons des prêts à taux zéro à tous les jeunes diplômés qui veulent monter leur entreprise » déclare-t-il.  Pour relancer l’économie il prévoit également de grands chantiers de constructions de routes modernes pour créer de l’emploi.

Nawaz Sharif

Nawaz Sharif

Imran Khan , ancienne star de cricket et candidat au parti de la justice (PTI) pense aussi avoir  la clé de tous les problèmes du pays. selon son programme il suffirai de 90 jours pour calmer l’activité terroristes ( qui a fait plus de 2000 morts en 2012), trois mois pour éradiquer la corruption et 6 moi pour résoudre les problèmes énergétiques.

Des projets biens plus facile à dire qu’à faire dans ce pays fortement touché par des pénuries d’énergies. Les usines doivent adapter leur travail en fonction des longues coupures de courant qui peuvent durer de 6h à 12h. Le carburant est également de plus en plus difficile à trouver. Certain réservoirs restent vide pendant plusieurs jours avant qu’une station puissent de nouveau assurer la distribution de carburant,  dont le prix a doublé en 5 ans.

Les jeunes pakistanais qui représentent une large majorité de la population sont déboussolés, ils ne savent plus pour quelle parti voter.

La gauche au pouvoir depuis 5 ans ne semble plus rassembler autant d’adeptes.

Les plaintes principales concernent  l’économie qui tourne au ralentit et à laquelle très peu de solutions efficaces ont été apportés, mais aussi autour du terrorisme.

Les talibans en veulent en effet au pakistanais d’avoir fait alliance avec les Etats unis. Or, les talibans «  ne pardonnent pas ».  Ils ne sont pas près d’abandonner leur cause : l’instauration d’un régime appliquant la charia.

Une solution qui, dans ce climat de doute rassemble tout de même les  2/3 de la population Pakistanaise

A noter que ces élections se feront sans l’ancien chef d’Etat, Pervez Musharraf placé en détention préventive et déclaré inéligible à vie.

 

 

carolinebensoussan@theyoungreport.fr