Arnaud Montebourg lance son « plan de résistance économique » !


Montebourg_Toulouse_2012

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a présenté ce mercredi, à l’occasion du conseil des ministres, un « plan de résistance économique ». Ce plan est un investissement de 380 millions d’euros à partir du Fond de Développement économiques et social (FDES) afin de sauvegarder 20.000 emplois dans le secteur de l’industrie.

Un « plan de résistance économique » ! C’est ce qu’a présenté Arnaud Montebourg au conseil des ministres mercredi afin de permettre le maintient de au moins 20.000 emplois dans le secteur de l’industrie. Ce plan consiste à investir 380 millions d’euros dans des entreprises de plus de 400 salariés afin d’éviter des fermetures de sites ou des plans sociaux dus à des délocalisations.

On prend l’ancien et on recommence

Si le ministre aime porter ses projets de manière pompeuse, ce plan n’est rien d’autre qu’un investissement de 380 millions d’euros en plus à partir du Fond de Développement Economique et Social (FDES) créé en 1948…  Le ministre, à travers ce plan d’investissement, compte éviter de nouvelles déconvenues, comme le fut le dossier Mittal de Florange, avec l’idée clinquante de nationaliser le site. A la clé, pas moins de 20.000 emplois sauvés pour des entreprises telles que le fabricant d’électroménager FagorBrandt, Kem One (filiale du groupe chimique Arkema), le leader mondial des arts de la table Arc International ou encore le transporteur Mory Ducros.

1-BAP_1889

©QuentinBenmahdi

L’opération « rustine » continue pour le gouvernement qui semble n’avoir pas encore trouvé de solution pour les 3.129 millions de chômeurs que compte le pays. C’est d’ailleurs l’enjeu majeur du quinquennat de François Hollande, qui doit établir une toute nouvelle politique de l’emploi, à plus forte raison, après l’échec des contrats de générations, annoncé deux semaines plus tôt par le ministre du Travail, Michel Sapin. Le problème reste entier, et commence à être pesant à mesure que la pression fiscale s’accroit (Les bonnets rouges de Bretagne contre l’écotaxe ; Le collectif des Sacrifiés pour les artisans contre la TVA à 10%).

La rue risque de continuer à gronder.

Par Jérémy Pastor




Crise : vers une nouvelle "rigueur budgétaire" (= cure d'austérité) ?


Alors que l’Insee a remis en cause l’objectif du déficit public à 3.7% en 2013, un rapport de la cour des comptes préconise 28 milliards d’euros d’économies supplémentaires tandis qu’un second propose l’arrêt des projets de Lignes à Grande Vitesse (LGV) trop couteuses…

C’est un nouveau coup dur pour le gouvernement et François Hollande ! Alors que ces derniers se réjouissaient de la stabilisation du chômage au mois de mai, deux rapports remis ce jeudi à Matignon démontrent encore la nécessité de réformer et celle de faire de nombreuses économies.

Didier Migaud, président de la Cour des Comptes ©CC

Didier Migaud, président de la Cour des Comptes ©CC

28 milliards d’économies supplémentaires
Le président de la Cour des Comptes Didier Migaud a remis ce jeudi au gouvernement un rapport accablant pour l’exécutif. Il faut trouver 28 milliards d’économies supplémentaires pour que les objectifs de réduction du déficit structurel du pays à 3% du PIB en 2015 soient tenus. Et pour cause, cette demande de la part des sages de la rue Cambon fait écho avec l’annonce de l’INSEE et de la Cour des comptes elle-même qui prévoient tous deux un dérapage du déficit structurel au-delà de 3.7% pour 2013. François Hollande n’a désormais plus de marge de manœuvre possible, il va falloir réformer rapidement pour ne pas être dans une situation critique comme celle de l’Espagne et du Portugal.

Parmi les préconisations qui figurent dans ce rapport, la Cour des Comptes expose la nécessité de  réaliser 13 milliards d’économies sur les dépenses publiques en 2014 puis 15 autres milliards en 2015. Pour y parvenir, elle propose le gel de toute les prestations sociales, c’est-à-dire le maintient des barèmes actuels et la suppression de toutes augmentations jusqu’en 2015. François Hollande est d’autant plus dans l’impasse que les sages prévoient une hausse de 12 milliards sur les prélèvements (impôts, taxes). La dernière mise en garde à l’encontre du gouvernement est la mise en place rapide d’une fonction publique moderne : il faut des décisions fortes à l’issu de la quarantaine d’audits engagés depuis 2012 pour réduire les intermédiaires et rendre le système plus efficace et plus économique. Ce serait ainsi une façon douce de « dégraisser le mammouth ».

La suspension de grands travaux
Un second rapport remis également ce jeudi au  gouvernement rejoins la ligne directrice d’économies demandées par la Cour des Comptes. Ce rapport parlementaire mené par le député PS Philippe Duron préconise la suspension de tous les projets de Lignes à Grande Vitesse d’ici à 2030 en raison de manque d’argent dans les caisses de l’Etat.  Ce rapport propose ainsi deux scénarios, une réduction drastique des investissements à hauteur de 10 milliards d’euros (et 15 milliards d’euros d’économies) pour l’un tandis que le second scénario propose un investissement de 28 milliards jusqu’en 2030 (contre 88 milliards actuellement) pour améliorer les nœuds de circulations et privilégier les trajets quotidiens.

Le gouvernement doit recevoir encore de nombreux rapports pour prendre les dispositions nécessaires sur le budget de 2014 qui sera présenté au Parlement à l’automne prochain.

Par Jérémy Pastor
jeremypastor@theyoungreport




Salon du Bourget : le show et le business


A380 en manœuvre au sol | © Quentin Benmahdi

A380 en manœuvre au sol | © Quentin Benmahdi

Le 50ème Salon Internationale de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) Paris – Le Bourget a ouvert ses portes lundi 17 juin. Jusqu’au vendredi 21 l’accès était réservé aux professionnels afin que journalistes et affairistes puissent être reçus dans les meilleures conditions et présentés à ce qui se fait de mieux au monde dans le domaine de l’aéronautique. Ainsi les trois premiers jours sont un moment privilégié pour signer des contrats, et dans ce domaine, la France n’est pas en reste. Le secteur est l’un des plus dynamiques de l’économie française. Mais le Bourget c’est aussi un formidable événement pour le grand public : le plus grand meeting aérien au monde, l’occasion de voir voler des bijoux de technologies et d’assister à un magnifique ballet aérien.

Cette année est la 50ème édition du Salon du Bourget, un événement dont l’origine remonte à 1909, et qui est depuis devenu incontournable aussi bien pour les professionnels que pour les amateurs, ou tout simplement les curieux. A quelques minutes de Paris, le Paris Air Show c’est le moment et le lieu pour découvrir et admirer des monstres technologiques. Le billet d’entrée « Grand Public » est au tarif de 13€50, mais le premier jour d’ouverture au public est chaque fois celui de la gratuité pour les étudiants (attention : cela ne concerne pas les lycéens). Et pendant les trois jours professionnels c’est un moment privilégié très attendu de tous, durant lequel sont signés d’énormes contrats et sont parfois scellé des partenariats pour offrir chaque fois de nouvelles perspectives aux constructeurs et équipementiers de l’aviation.

Ce qu’il se fait de mieux est au Bourget

L’innovation technologique est la raison d’être du salon. Les dernières avancées technologiques sont exposées : aéronefs, technologies de communication, satellites, drones, moteurs, système d’aide au pilotage, logiciels, équipements aéroportuaires, ou encore en carburants alternatifs. Lors de la dernière édition, en 2011, le Solar Impulse avait alors été présenté, une présence exceptionnelle qui illustre cet esprit. Il s’agit du premier avion solaire jamais créé.

Le système de électrique de conduite au sol EGTS en démonstration | © Quentin Benmahdi

Le système de électrique de conduite au sol EGTS en démonstration | © Quentin Benmahdi

L’appareil est également le symbole de la mise au vert de l’aéronautique. En effet tous les constructeurs et équipementiers du secteur ont désormais leur nouveauté labellisée écologique. Dans le genre on trouve le groupe français Safran et l’américain Honeywell qui présentent ensemble un procédé électrique qui permet aux avions de se déplacer au sol, dans les aéroports, réacteurs coupés donc sans consommer de kérosène. Selon la direction de l’équipementier français, une cinquantaine de compagnie se sont dites intéressées et le marché potentiel serait d’environ 10 000 avions, alors les objectifs sont clairs pour le français : capter 80% du marché d’ici à 2030. Toujours chez Safran, il y a aussi un projet de « check-point du futur », un nouveau système de filtrage des passagers, assez futuriste dans l’idée, et qui sera pourtant bientôt sur le marché : un système avec vérification de vos empreintes digitales, reconnaissance des visages, mais aussi un moyen de ne plus avoir à retirer sa montre et sa ceinture au passage du portique de sécurité. Le projet dénommé « Morpho » permettrait aux aéroports de réaliser des économies de l’ordre de 20%. Non-négligeable quand on sait qu’Aéroport de Paris dépense plus de 210 millions d’euros par an pour les lignes de filtrage de ses aéroports d’Orly et de Roissy.

Dans le vert EADS – maison mère d’Airbus – s’est par ailleurs lancée dans un projet ambitieux : la motorisation électrique. Aujourd’hui, leurs essais permettent de faire voler un avion-école de deux places sans bruit et sans carburant, mais dans 20 à 30 ans la société espère pouvoir placer ses moteurs électriques sur des avions d’une centaine de passager au moins, pour effectuer des liaisons régionales.

Les drones s’invitent au  Bourget

Mini drone Parrot volant en cage | © Quentin Benmahdi

Mini drone Parrot volant en cage | © Quentin Benmahdi

Ils prennent de plus en plus d’importance sur les salons et proposent de plus en plus de possibilités : les drones, ces bestioles volantes militarisées ou non étaient jusque là pilotées à distance, sont désormais sur le point de se doter d’intelligence artificielle. Ce n’est plus de la science-fiction mais une innovation : les drones vont désormais être en mesure de se contrôler seuls. Une prouesse technologique qui fait froid dans le dos alors que ces engins volants sont capables pour certains de lancer des missiles et qu’ils sont de plus en plus silencieux. Sur les salons, on vous rassure, les drones n’ont pas le droit de voler, seuls des petits modèles de Parrot de moins de 5 kilos, pilotables par Smartphone sont en démonstration, en cage, ils sont dirigés en escadrille par un programme informatique qui les fait réaliser tantôt un ballet, tantôt un des chorégraphies solo.

Côté affaires et économie

Le SIAE est avant tout le moment tant attendu par les entreprises pour parler affaires. Du côté de l’organisation tout est prévu pour que les constructeur et équipementier reçoivent leur client dans es meilleurs conditions, du transport gratuit depuis Paris ou les aéroports jusqu’au chalet VIP pour parler en toute discrétion dans un confort optimal, au Bourget les clients sont rois. Et le résultat est là : après trois jours entre professionnels l’américain Boeing revendique 38 milliards de dollars de commandes fermes ; le français Airbus en annonce, quant à lui, 39,3 milliard de dollars de commandes fermes.

Les deux rivaux sont donc quasi à égalité. Ces trois jours de contractualisation de commande signent une bonne nouvelle pour l’économie française. Airbus continue de vendre dans le monde entier, à titre d’exemple quelques commandes passées à Airbus : Honk-Kong Aviation Capital a signé l’acquisition de 40 A320neo et 20 A321neo ; United Airlines (USA) signe dix longs courriers A350-1000 ; Spirit a passé commande pour 20 A321 ; 25 A350 pour Air France-KLM ; trente-et-un pour Singapore Airlines… Avec le nouveau A350, l’autre long-courrier d’Airbus, le fameux A380 devrait connaitre une nouvelle embellie commerciale. Alors que 103 appareils auraient déjà été livrés, le géant des airs a toutefois connu un passage à vide. Il faut dire qu’au prix de 400 millions d’euros, les transporteurs et les compagnies préfèrent l’essayer en location avant de signer le chèque. L’A350 est la nouvelle star du salon, il est encore en phase de test que déjà des commandes ont été passées.

François Hollande sur le SIAE | © Quentin Benmahdi

François Hollande en visite sur le SIAE | © Quentin Benmahdi

François Hollande en visite 

Le Président de la République effectuait sa visite officielle du salon vendredi à partir de 9h30. François Hollande est arrivé dans un autre appareil d’Airbus le A400M. Ce dernier est un avion cargo, pas très glamour comme taxi qui aura ainsi été remarqué. Afin qu’il soit aussi remarqué l’Elysée a demandé à Airbus de faire survolé le Bourget par  le dernier A350. Il a ainsi ouvert les démonstrations en vol de l’après-midi. En venant au Bourget, François Hollande pouvait avoir le sourire avec de telles promesses pour l’aéronautique français, fleuron de notre économie. Et pour cause, ce salon a aussi et surtout pour enjeux des créations d’emploi.

Nouvel A400M par lequel le Président de la République est arrivé au Bourget | © Quentin Benmahdi

Nouvel A400M par lequel le Président de la République est arrivé au Bourget | © Quentin Benmahdi

1-DSC_5981

Un hall d’exposition est consacré à l’emploi et à la formation | © Quentin Benmahdi

D’autant plus que le vendredi est le jour des étudiants. De tels carnets de commande ont ainsi rempli le hall de l’emploi aéronautique dans lequel les jeunes ont pu découvrir les métiers et Ecoles du secteur. Ainsi 15.000 embauches sont prévues en France dans le secteur pour 2013, c’est autant qu’en 2012. Inédit dans le contexte économique actuel. Et pour recruter, l’aéronautique et ses entreprises ne devraient pas avoir trop de difficultés. D’après un sondage d’Universum France réalisé auprès d’étudiant des grandes écoles d’ingénieurs, trois des cinq entreprises dans lesquelles ils souhaiteraient le plus travailler sont du secteur de l’aéronautique : EADS, Google, Dassault Aviation, Thalès et EDF. L’initiative jeune de l’année c’est « l’Avion des métiers » pour présenter au public et aux jeunes visiteurs les métiers de l’aéronautique, des apprentis du Lycée Airbus de Toulouse, mais aussi des jeunes en formation d’ingénieur ou de technicien supérieur étaient présents.

Un show spectaculaire

Le Bourget c’est aussi un des plus grands meetings aérien au monde, un show dans les airs époustouflant. Du petit aéronef au gigantesque A380 en passant par les incroyables voltiges de la patrouille de France, des prestations aériennes pour tous les goûts.

Et cette année le spectacle est au rendez-vous, en particulier ce vendredi où le show aérien a été exceptionnellement ouvert par le nouveau bijou d’Airbus, l’A350 qui a décollé de Toulouse et a fait un passage express par l’espace de démonstration du Bourget. C’était seulement son troisième vol, un vol test qui ne permettait pas l’atterrissage de l’appareil sur la piste du Bourget. Cette première apparition publique express a pour autant ravi les visiteurs du vendredi qui sont les seuls à avoir eut cette chance.

Rafale (Dassault Aviation) | © Quentin Benmahdi

Rafale (Dassault Aviation) | © Quentin Benmahdi

Le show continue avec la patrouille de France, qui fête son soixantième anniversaire cette année, et son numéro de voltige aérienne ponctué des fameuses trainées de fumigènes bleu-blanc-rouge. Le ballet des neuf Alphajet de la patrouille reste parmi les numéros préférés du public. Le public est conquis par le spectacle et les pilotes sont même sollicités pour signer des autographes sur le stand du ministère de la défense. Après la patrouille de France le gros chouchou du public c’est l’A380. Le public est tout simplement fan de cet appareil. Chacun de ces mouvements est entouré d’une immense foule de curieux. Il faut dire que l’appareil est impressionnant aussi bien au sol que dans les airs. On se demanderait presque si l’avion que l’on voit en démonstration est le même qui était exposé au sol tant en vol il semble léger et « gentil » selon l’expression même du speaker du meeting. Vient ensuite le Rafale, le fameux, un incontournable dont la démonstration est déconcertante d’aisance. Le bolide accélère dans un bruit tonitruant, se tourne et se retourne, redescend puis remonte d’une rapidité incroyable… et tout à coup les moteurs se taisent, le Rafale silencieux avance tout doucement il semble flotter. Une après-midi de démonstrations fabuleuses comme on en a l’habitude au Bourget mais sans jamais s’en lasser.

La patrouille de France en ruban | © Quentin Benmahdi

La patrouille de France en ruban | © Quentin Benmahdi

Un évènement que l’on vous conseille donc vivement, le Salon ferme ses portes dimanche soir et pour ceux qui l’auraient manqué il faudra attendre 2015 pour le prochain salon avec assurément toujours plus d’innovations et de plaisir pour les visiteurs.

Airbus A350 | © Quentin Benmahdi

Airbus A350 | © Quentin Benmahdi

 

Par Quentin Benmahdi
quentinbenmahdi@theyoungreport.fr

 

 

 

 

Un pilote de la Patrouille de France signant des autographes sur le stand du ministère de la Défense | © Quentin  Benmahdi

Un pilote de la Patrouille de France signant des autographes sur le stand du ministère de la Défense | © Quentin Benmahdi

Rafale de Dassault Aviation sur le stand du ministère de la défense | © Quentin Benmahdi

Rafale de Dassault Aviation sur le stand du ministère de la défense | © Quentin Benmahdi




Le Rafale toujours cloué en France


rafale1049[1]La firme Dassault est à nouveau dans l’impasse pour vendre son dernier avion de chasse Rafale à l’Inde. Après l’échec d’Abou Dhabi en 2008 et le cas du Brésil toujours incertain. La vente du couteux successeur du Mirage est à l’arrêt avec l’Inde. La raison : la prise en charge des appareils de Dassault assemblés en Inde.

Dirigerions-nous vers un énième échec commercial pour le Rafale ? Cette perspective effraie beaucoup les membres de la firme Dassault, ainsi que le gouvernement qui aurait bien besoin d’un coup de pouce pour l’emploi. Les tractations actuelles entre le gouvernement indien, les représentants de la Firme aéronautique et des officiels du Ministère de la défense sont dans l’impasse. Le contrat initialement prévu serait l’acquisition de pas moins de 126 appareils de type Rafale qui renouvellerait la flotte de l’aviation indienne.

Un contrat qui semblait gagné                                                         

La signature de ce contrat à hauteur de 11.2 Milliards d’Euros était sur la bonne voie lorsque le premier Ministre indien a annoncé que l’appel d’offre était terminée et que seule la firme Dassault prendrait part aux négociations. La confiance s’est installée, a fortiori de l’annonce de proches du dossier et des négociations qui, fièrement, expliquaient que l’Inde envisageait un contrat supplémentaire de 89 avions.

Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué

Gripen C Suédois

Gripen C Suédois

Et c’est bien le problème avec le Rafale de Dassault. Cet avion imaginé il y a plus de 20 ans est très prisé par les pays étranger car son efficacité est prouvée. Pour autant, la France n’a jamais réussi à le vendre. Et pour cause, l’appareil à la voilure en canard est trop cher plus de 50 millions d’Euros l’unité. Ses concurrents sont préférés pour être bien plus abordables financièrement comme le Gripen C suédois ou encore le Typhoon du consortium européen Eurofighter (Royaume-Uni, Italie, Allemagne). Le Brésil justement qui souhaite renouveler son aviation à hauteur de 119 chasseurs préfère l’offre du constructeur suédois pour son coût et sa maintenance peu élevés : 4500 € l’heure de vol contre 7000€ pour le Rafale.

En 2008, Nicolas Sarkozy avait tenté en vain de vendre le chasseur national aux Emirats Arabe Unis qui s’est tourné vers le F-18 américain.

Les limites de l’exception et l’indépendance militaire française

Le Rafale est l’image de ses échecs militaro-industriels retentissants pour la France. Le Char Leclerc est aussi une belle impasse car il n’a pas été acheté, il est trop coûteux pour l’Armée de Terre qui les brade tandis que le prix initial est de 20 Millions d’Euros pièces. C’est ainsi que l’argent est mal réparti dans le cadre des budgets de la Défense.

Typhoon d'Eurofighter

Typhoon d’Eurofighter

La raison : la sauvegarde de l’indépendance militaire voulue, il y a cinquante ans de cela par le Général de Gaulle. Indépendance nucléaire, navale (Le porte-avion Charles de Gaulle), aéronautique (Dassault) ou encore les chars et les armes automatiques ou de poing de militaires français (Famas). Tout est fabriqué made in France pour ne pas être dépendant des Etats-Unis.

Bien que la technologie, le savoir-faire et l’expertise soient là, l’exportation de la production militaire française est un échec.

Voir le « spécial investigation »sur les investissements de l’armée.

Les tractations sur le dossier indien sont donc au centre de l’attention alors que François Hollande avait pu démontrer l’efficacité du Rafale lors de la Guerre au Mali.

 

Par Jérémy Pastor
jeremypastor@theyoungreport.fr