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Afghanistan : deux otages français inconnus libérés

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2Libres depuis dimanche, Pierre Borghi et Charles Ballard, étaient détenus depuis plusieurs mois en Afghanistan. Afin de faciliter leurs deux libérations, le Quai d’Orsay avait tenu leurs enlèvements secrets.

Presque deux ans après la libération d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, deux nouveaux otages français détenus en Afghanistan, ont retrouvé la liberté ce dimanche. Mais contrairement aux deux journalistes de France 3 ou plus récemment de Florence Cassez, les deux hommes n’ont pas bénéficié du même engouement médiatique. Pas de tapis rouge sur le tarmac de l’aéroport, ni de rencontre avec le Président, et encore moins d’invitation aux 20 heures.

Charles Ballard, 30 ans, directeur financier de l’Agence d’aide à la coopération technique et au développement (ACTED, ONG française) et Pierre Borghi, 29 ans, photographe à Kaboul, ont été enlevés respectivement il y a deux et quatre mois. Tout comme leurs rapts, leurs libérations sont deux dossiers totalement indépendants l’un de l’autre. Et tout comme leurs rapts, survenues dans l’anonymat le plus complet, les circonstances précises de leurs libérations restent floues.

Deux captivités tenues secrètes par les autorités françaises

Ex-humanitaire, employé de l’ONG «Solidarités Internationales» pour laquelle il avait déjà travaillé en Afghanistan jusqu’en février 2012, Pierre Borghi était revenu à Kaboul en novembre dernier pour réaliser un projet photographique. D’après le Ministère de l’Intérieur afghan, l’Isérois «a été relâché dans la province de Wardak, non loin de la capitale», une région encore instable du pays. Shoib Sharifi, le directeur de la Force de protection publique afghane (APPF), la compagnie de sécurité nationale, affirme lui «qu’il avait échappé à ses ravisseurs avant d’être retrouvé au poste de sécurité à Maydan Shar».

Quant à Charles Ballard, kidnappé en voiture en plein coeur du centre ville de Kaboul en janvier, les circonstances de sa libération restent inconnues. Mais «il va bien» selon son ami Guillaume Barreau et aurait déjà rejoint la France.

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Tout porte à croire que les deux hommes ont été victimes de crimes crapuleux, par des ravisseurs (dont l’identité reste inconnue) en quête de rançon. Officiellement, comme l’avait indiqué François Hollande en février au sujet des otages détenus au Sahel, «il n’y a pas de question financière qui puisse être évoquée» : la France refuse toute négociation. Alors même si le travail des diplomates français doit être souligné dans ces deux dossiers, la liberté de Charles Ballard avait un prix. Les autorités françaises ont-elles agi par la force ou ont-elles versées une forme de compensation ? Impossible de savoir, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) conserve la plus grande discrétion.

Il reste désormais quinze ressortissants français détenus en otage dans le monde. Tous en Afrique, dont six détenus par Al-Qaïda au Magreb Islamique (AQMI) dans la région du Sahel (sud du Sahara). Or, les autorités françaises établissaient exactement le même décompte avant la libération de Charles Ballard et Pierre Borghi. Donc, si la semaine passée, il y avait bien au moins dix-sept otages français retenus dans le monde, on peut se demander quel est le bilan exact aujourd’hui ?

Par Florian Lefèvre

florianlefevre@theyoungreport.fr

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